Sciences infirmières: un nouvel examen de certification à l’étude

L’Association canadienne des écoles de sciences infirmières (AECSI) vient de créer un nouvel examen de certification pour les infirmières au baccalauréat, un examen bilingue, conçu au pays et qui devrait être plus équitable pour les candidats francophones.

Au Nouveau-Brunswick, c’est l’examen NCLEX qui est utilisé depuis 2015 afin d’évaluer les futurs infirmiers et infirmières. Conçu aux États-Unis, il a toutefois fait l’objet de nombreuses critiques pour ses lacunes au niveau de la traduction, mais aussi pour l’unilinguisme des ressources disponibles pour s’y préparer. Le taux d’échec des candidats francophones a atteint par moment près du double de celui de leurs homologues anglophones.

L’ACESI, un regroupement d’établissements offrant la formation de sciences infirmières, aimerait pallier à cette problématique en proposant son test comme alternative.

Au cours des derniers mois, elle a planché sur la conception d’un examen national de certification. L’Examen canadien du baccalauréat en sciences infirmières se veut un test de sortie visant à valider la qualité de la formation reçue (en sciences infirmières) dans les établissements d’enseignement.

Les infirmières anglophones et francophones exerçant dans divers milieux d’éducation et de pratique au Canada ont notamment créé et révisé le contenu de la banque de questions pour l’examen. C’est le cas de l’Université de Moncton qui a pris part au processus.

«On connaît le dossier puisque nous avons des membres de notre corps professoral qui ont contribué à son développement», confirme André Samson, vice-recteur à l’enseignement et à la recherche à l’Université de Moncton.

Cela dit, l’arrivée imminente sur le marché de ce nouvel examen ne signifie pas pour autant l’abandon automatique de l’actuel test NCLEX à l’UdeM.

Jusqu’à nouvel ordre, il demeure l’examen donnant accès à la profession. Car contrairement aux associations infirmières provinciales, l’ACESI n’est pas un organisme de réglementation. Le test doit d’abord être obtenir l’aval de l’Association des infirmières et infirmiers du N.-B. D’ici à ce qu’il obtienne cette accréditation, cet outil demeurera un examen volontaire et sera sans conséquence face à l’obtention de la licence d’infirmier.

«Actuellement, le fait de réussir ce test ne donne pas le droit de pratiquer au Canada. Ce que l’on dit par contre, c’est qu’il s’agit d’un outil de grande qualité. Ce test pourrait fort bien devenir une solution de rechange intéressante au NCLEX. C’est un examen conçu dès le départ de façon bilingue et qui tient compte de la réalité de la pratique infirmière canadienne. Ce serait définitivement de meilleure qualité que ce que l’on a actuellement», croit M. Samson.

Selon lui, si ce test est adopté ici, il serait important que les autres associations professionnelles au pays l’adoptent également pour des questions de standardisation et éviter des problèmes de mobilités entre provinces.

Dans les mois à venir, l’ACESI révisera ces questions avec des groupes de spécialistes, en utilisant une méthode reconnue à l’échelle internationale pour définir la note de passage.

L’Examen canadien du baccalauréat en sciences infirmières sera mis à l’essai au début de 2019 dans tout le pays, en anglais et en français, question de le valider.

Puisque l’ACESI est un organisme à but non lucratif, l’examen sera offert moyennant des frais minimes, correspondant au recouvrement des coûts pour sa réalisation.

L’AIINB n’a pas donné suite à nos questions quant à l’arrivée éventuelle de ce nouvel outil sur le marché. Cela dit, M. Samson affirme que son établissement a eu des pourparlers avec l’organisme et que celui-ci semblait ouvert à étudier cette possibilité.

Du côté de la Fédération des étudiants et étudiantes de l’Université de Moncton (FÉÉCUM), on voit la création de cet examen d’un bon œil.

«C’est certainement un pas dans la bonne direction. Mais ce qu’il faut comprendre par contre, c’est qu’une grande partie du problème avec le NCLEX ne se situe pas uniquement au niveau de la traduction de l’examen, mais bien la disponibilité en français des documents de préparation. La traduction s’est légèrement améliorée avec le temps, mais pas les documents. En ce sens, on est loin d’avoir tout réglé», croit le président de la FÉÉCUM, Alexandre Cédric Doucet.