Comment les partis comptent-ils redresser l’économie du Nouveau-Brunswick?

L’Acadie Nouvelle a décortiqué les plateformes de chacun des partis. Il en ressort des visions assez opposées du rôle que doit jouer le gouvernement en matière de développement économique.

Parti libéral

Brian Gallant croit en un gouvernement interventionniste qui favorise l’activité économique par d’importants investissements publics.

En cas de réélection, le gouvernement libéral investirait 25 millions $ dans sa stratégie touristique et 150 millions $ sur deux ans dans le programme d’infrastructures stratégiques, qui a notamment permis de financer l’échangeur du boulevard Harrisville de Moncton, le Centre Jean-Daigle d’Edmundston et l’agrandissement de l’aéroport de Fredericton.

Brian Gallant prévoit d’augmenter progressivement le salaire minimum jusqu’à 14$ l’heure d’ici 2022. Il souhaite également imposer l’équité salariale aux gouvernements locaux et aux organismes parapublics d’ici 2020, ainsi qu’aux grandes entreprises du secteur privé d’ici 2022.

Le chef libéral s’est engagé à mener un second mandat sans hausses de taxes ni compressions budgétaires.

Les libéraux comptent de plus doubler les investissements dans le Fonds d’emploi pour les jeunes. Ce fonds finance une partie du salaire des jeunes âgés de 18 à 29 ans – équivalente au salaire minimum –  pour encourager les employeurs à les embaucher pour une période de six mois.

D’autres mesures sont moins précises, notamment la réduction de formalités administratives et la création d’un programme de prêts aux petites entreprises pour les entrepreneurs qui ont de la difficulté à accéder à du capital.

Les libéraux proposent aussi la mise en place d’un programme appuyant les petites entreprises axées sur les exportations et la modernisation de lois du travail.

Parti progressiste-conservateur

Blaine Higgs, lui, est plutôt adepte du laissez-faire économique. Selon lui, la province doit moins subventionner la création d’emplois, réduire le poids de son administration et alléger la réglementation imposée au secteur privé.

Il a donc fait campagne en promettant de ne pas augmenter les impôts et de ne pas taxer le carbone. Il s’est aussi engagé à lutter devant les tribunaux contre les efforts du gouvernement fédéral de Justin Trudeau afin de taxer le carbone.

Le chef progressiste-conservateur s’est dit prêt à lever le moratoire sur la fracturation hydraulique dans certaines régions. Son gouvernement pourrait ainsi autoriser l’exploitation du gaz de schiste dans les communautés qui y sont favorables.

Pour soutenir les PME tout en luttant contre le chômage, les progressistes-conservateurs offriraient un crédit d’impôt aux petites et moyennes entreprises qui créent de nouveaux emplois. Les bleus proposent également de supprimer 600 emplois dans la fonction publique provinciale en ne remplaçant pas les départs à la retraite de fonctionnaires.

Le reste de leur programme économique est plus flou. L’équipe de Blaine Higgs ne donne pas de chiffre au sujet d’une éventuelle hausse du salaire minimum.

Le candidat entend tirer profit de l’économie du littoral, ou «économie bleue». Son programme cible plusieurs secteurs prioritaires, notamment le développement de l’énergie marémotrice, du tourisme, du transport maritime, de l’aquaculture et de la pêche.

Enfin, Blaine Higgs promet d’établir un système réglementaire et fiscal compétitif. Pour ce faire, il compte demander aux entreprises d’identifier les obstacles bureaucratiques auxquels elles font face avant de décider réduire ou éliminer ceux qui «n’ont pas de sens».

Parti Vert

David Coon croit que le gouvernement doit être le moteur de la transition vers une économie plus verte et plus locale. Le secteur du bâtiment et celui des technologies vertes en bénéficieront: le Parti vert veut financer les améliorations à l’efficacité énergétique des maisons et des commerces et bâtir un réseau électrique 100% renouvelable d’ici 2050.

À l’inverse, il a l’intention d’éliminer certaines exemptions d’impôts fonciers accordées aux entreprises industrielles, en particulier dans le secteur pétrolier, et d’augmenter les redevances sur les ressources naturelles.

La formation s’engage à hausser le salaire minimum à 15,25$ l’heure d’ici quatre ans en plus de mener un projet pilote sur le revenu de base garanti. Elle promet aussi d’augmenter «immédiatement» les taux d’aide sociale.

Pour financer son projet ambitieux, l’équipe de David Coon prévoit de réduire l’aide financière aux grandes entreprises de moitié et d’augmenter de 2% l’impôt sur le revenu des sociétés.

Le politicien propose un ministère de l’économie rurale et une stratégie de remplacement des importations pour favoriser la production locale. Il exigerait que les ministères, les hôpitaux, les écoles et les collèges communautaires augmentent leurs achats de produits et de services locaux d’au moins 10%.

David Coon suggère de réduire les subventions accordées «aux grandes entreprises prospères» pour soutenir financièrement les entreprises locales participant à la stratégie de remplacement des importations.

Nouveau Parti démocratique

Pour Jennifer McKenzie, le gouvernement a le devoir de redistribuer davantage les richesses et de mieux protéger les travailleurs. Le NPD augmenterait le salaire minimum horaire de 1$ chaque année jusqu’à ce qu’il atteigne 15$ l’heure. Il souhaite aussi introduire des congés payés pour tous les employés et augmenter immédiatement tous les taux d’assistance sociale.

Les néo-démocrates veulent éliminer le financement d’Opportunités NB pour créer une banque d’investissement publique chargée de soutenir le financement des petites et des moyennes entreprises. Au coeur de leur stratégie, cette banque d’investissement publique aiderait les PME à accéder au capital souvent inaccessible chez les bailleurs de fonds traditionnels.

Le parti prévoit des investissements dans le développement des énergies renouvelables et des infrastructures vertes tels que le transport en commun électrique et un réseau de recharge de véhicules électriques. Il entend aussi de favoriser l’achat d’aliments locaux dans les institutions publiques.

Afin de payer pour ses promesses, le NPD veut augmenter les impôts des plus nantis et des grandes entreprises. Les Néo-Brunswickois ayant un revenu imposable de plus de 205 843$ paieraient 58.75% de leur revenu en impôt contre 53,3% actuellement. Le taux d’imposition des sociétés passerait de 14% à 16% et l’impôt sur le capital des sociétés financières grimperait de 4% à 6%.

Le NPD souhaite accroître les redevances issues de la coupe forestière et mettre fin à une série de traitements fiscaux spéciaux pour l’industrie sur les propriétés forestières, les terres agricoles et les sites pétroliers.