Carte loisir: le hockey mineur ne parvient pas à s’entendre avec Campbellton

Les jeunes joueurs du hockey mineur sont-ils utilisés comme moyen de pression par la Ville de Campbellton afin de faire plier les communautés qui refusent de participer aux coûts de fonctionnement du Centre civique?

Vice-président aux affaires techniques de l’Association de hockey mineur Restigouche Nord (AHMRN), Roger Hickey estime que oui.

C’est la conclusion à laquelle il en arrive après avoir tenté, en vain, de trouver des solutions pour amoindrir le choc sur ses joueurs de l’imposition de la carte loisir, méthode dorénavant imposée aux usagers qui n’habitent pas la Ville ou les communautés de Dalhousie et Tide Head (avec qui Campbellton possède des ententes).

Au cours des dernières semaines, lui et son conseil d’administration ont cherché un terrain d’entente avec la Ville afin de ne pas pénaliser les joueurs provenant de l’extérieur de la Campbellton. Et l’association n’est pas arrivée à la table les mains vides. Elle était prête à piger dans son portefeuille.

Les solutions proposées? Payez le plein tarif de location, sans rabais, soit le même que les ligues pour adultes qui, elles, ne sont pas assujetties à la carte loisir de 200$. Autre possibilité, l’association était prête à acheter une carte spéciale à moindre coût (100$) pour ses joueurs, carte valide pour le hockey seulement et non tous les autres programmes offerts au centre. Les équipes de hockey scolaire ont reçu ce genre de carte d’accès unique.

Selon M. Hickey, cela aurait représenté environ une centaine de cartes.

«Dans les deux cas, ces options auraient rapporté plusieurs milliers de dollars à la Ville et réglé la problématique. Ça nous aurait coûté plus cher, oui, mais on était prêt à cette éventualité. Mais ces offres ont été balayées du revers de la main en début de semaine», explique-t-il.

Il s’explique mal ce manque d’ouverture de la part de la municipalité.

«Il semble ne pas y avoir de compromis possible. On a tenté de négocier de bonne foi, on leur a proposé des alternatives censées, payantes. Mais tout a été refusé. On sent que la Ville ne cherche pas à s’entendre avec nous. Elle ne veut pas de notre argent, elle veut celle des autres communautés», commente le bénévole.

Il déplore que Campbellton utilise les enfants comme otages dans ce dossier.

À plusieurs reprises lors de sa rencontre avec la Ville, celui-ci soutient qu’on lui aurait fait la remarque que les parents des joueurs (non-résidents) devraient aller se plaindre aux représentants de leur municipalité respective, question de pousser le dossier.

«On sent qu’ils se servent donc de notre association pour passer leur message, mais nous, on n’a rien à voir avec la politique», dit-il.

Comme aucune entente n’est parvenue, l’AHMRN a décidé de restreindre sa présence au Centre civique, question de ne pas pénaliser les joueurs des communautés environnantes. «On va faire les horaires et les équipes en fonction de ceux qui peuvent jouer ou pas à Campbellton, soit les résidents et ceux qui auront acheté la carte. En fin de compte, c’est certain que ça va se traduire par moins d’heures au Centre civique. Au lieu d’avoir plus d’argent et tout le monde content, la Ville risque de se retrouver avec complètement l’inverse. On ne comprend pas», souligne M. Hickey.

Il note que plusieurs parents non-résidents sont tellement choqués par cette situation qu’ils sont prêts à jouer à Dalhousie.

«Et même si ça signifie qu’ils payeront plus en essence que le coût même de la carte loisir», précise-t-il.

Le Palais des glaces de Dalhousie risque donc de profiter de cette situation, lui qui n’ouvrira par contre que le 12 octobre. L’aréna de Belledune sera également mis à contribution. C’est là, entre autres, qu’auront lieu les camps de sélection pour le AA.

Pour le moment, les inscriptions au programme de hockey mineur ne semblent pas souffrir de la polémique entourant l’instauration de la politique de frais aux usagers. Selon M. Hickey, environ 230 jeunes se sont inscrits jusqu’à présent au programme de hockey mineur, soit sensiblement le même nombre que l’an dernier.

«Il y en a une soixantaine de moins actuellement, mais la période des inscriptions n’est pas terminée et on doit encore tenir des camps. Bref, on est sensiblement au même point que l’an dernier pour cette période-ci, ce qui est excellent», dit-il.