Gouvernement PC-Alliance: «Le pire scénario pour les Acadiens», selon la SANB

Le président de la SANB, Robert Melanson, s’est dit scandalisé par les propos de Blaine Higgs, qui n’écarte pas l’idée d’une coalition avec les tiers partis, y compris l’Alliance des gens.

«C’est une aberration de vouloir s’associer à des gens qui ne respectent pas les francophones, qui sèment la division au Nouveau-Brunswick et qui ne cherchent pas à unir les deux nations pour qu’on puisse vivre côte à côte dans la paix et le respect. Il est prêt à briser la cohésion sociale du Nouveau-Brunswick!»

Le militant acadien estime qu’une telle alliance serait un sérieux coup porté contre les francophones et alimenterait la division entre les deux communautés.

«C’est le pire scénario qui pourrait se produire pour les Acadiens. Blaine Higgs est en train de montrer qu’il n’a absolument rien compris de notre lutte pour avoir le droit d’exister et de ne pas être des locataires dans cette province. Ces convictions coristes sont en train de refaire surface,  il vient d’annoncer ses vraies couleurs.»

Me Michel Doucet, avocat défenseur des droits linguistiques, s’alarme lui aussi de la réponse du candidat.

«Ça m’inquiète énormément. J’aurais voulu que le Parti progressiste-conservateur affirme clairement qu’il ne ferait pas de coalition avec l’Alliance des gens à moins que ce parti ne modifie ses positions concernant les langues officielles», souligne le juriste.

«Ce serait une alliance qui n’annoncerait rien de bon pour les francophones du Nouveau-Brunswick. Il pourrait y avoir des reculs vis-à-vis des droits linguistiques.»

Selon Me Doucet, le positionnement du chef progressiste-conservateur confirme que ce dernier cherche avant tout à séduire l’électorat anglophone.

«M. Higgs a fait un calcul politique. Il a décidé que les possibilités pour lui d’obtenir des gains importants dans les régions francophones n’existaient pas et que s’il doit former le prochain gouvernement, ce sera via les régions du sud de la province où l’Alliance des gens trouve un appui important.»

Il déplore au passage la montée d’un discours fondé sur le «bon sens» plutôt que sur l’égalité linguistique.

«Le contre-discours n’existe pas face à l’Alliance des gens. M. Higgs n’a pas l’intention de le contredire et ça a été un silence complet du côté des libéraux. Pour les partis principaux, le vote francophone a peu d’importance parce qu’il est acquis aux libéraux.»

  • Avec la collaboration du journaliste Mathieu Roy-Comeau