Sauvé in extremis de la noyade: «Je lui dois la vie»

Les vies de Ryan Court et de sa petite famille ont bien failli être bouleversées à jamais samedi dernier. À deux doigts de périr noyé, l’ancien gardien de but vedette du Restigouche (Tigres, Rangers et Vikings) a été repêché puis ranimé in extremis.

Il faisait beau. Il faisait chaud. Une journée parfaite entre amis qui, malgré tout, a bien failli tourner au cauchemar en l’espace de quelques secondes.

Ryan et sa famille étaient partis en randonnée en véhicule côte à côte avec un couple d’amis et leur enfant. Tôt en après-midi, non loin du chemin Bélanger à Saint-Arthur, ils se sont arrêtés pique-niquer en bordure d’un ruisseau (Crooked rapids).

«C’est la première fois que je visitais l’endroit. Un vrai petit coin de paradis», se souvient l’homme d’Eel River Dundee.

Les enfants des deux couples en ont profité pour aller faire une baignade.

«Tout se passait bien, ils s’amusaient sur le bord, où ce n’était pas très creux. J’étais non loin de là, en train de faire cuire le dîner, quand j’ai vu les trois enfants être tranquillement emportés plus loin par le courant, vers une fosse plus profonde. Par instinct, je me suis lancé vers eux pour les récupérer, car ils commençaient à paniquer. Tout s’est passé extrêmement vite», se remémore-t-il.

Rapidement, il parvient à se rendre aux deux premiers enfants qu’il réussit à repousser en direction du rivage. Pour le dernier, son garçon, c’est plus difficile. Sportif de nature, Ryan sait nager. Mais il ne parvient pas à se défaire de l’emprise du remous.

«J’ai réussi à garder la tête de mon gars hors de l’eau, mais moi, c’est autre chose. J’ai fini par m’enfoncer», raconte-t-il.

Quelques secondes à peine sous l’eau, c’est tout ce que cela a pris pour remplir ses poumons et faire en sorte qu’il tombe inconscient. Heureusement, l’amie du couple – Rachel – vient à sa rescousse en aidant d’abord l’enfant à rejoindre la rive puis à tirer Ryan des eaux.

Pour le reste de l’histoire, Ryan doit se fier à ce qu’on lui a raconté.

«On m’a sorti de l’eau et je ne respirais plus. On m’a fait les manœuvres de réanimation pendant un bon moment – certains disent cinq minutes, d’autres douze – avant que je recommence à respirer. Tout le bruit a attiré des gens qui se trouvaient non loin de là et qui ont aussi aidé avec les premiers soins. Puis on m’a transporté jusqu’à l’ambulance qui était déjà en chemin et les ambulanciers ont pris le relais», souligne-t-il.

Il s’en sortira finalement avec seulement une bonne frousse et quelques cotes endolories en raison des manoeuvres de premiers soins. Bouleversé par cette histoire?

«En fait, je le suis moins que ceux qui ont assisté à tout ça, comme ma femme, mes enfants et mes amis. Ce sont eux qui ont vécu les pires moments, toute la panique de me voir inconscient, mort même. Dans mon cas, la vie m’a offert une seconde chance et je suis extrêmement reconnaissant envers Rachel et tous ceux qui m’ont aidé. Je leur dois la vie, rien de moins», note-t-il.

Ryan est conscient de l’avoir échappé belle. Cette histoire, il l’avoue, l’a énormément fait réfléchir. D’abord sur la vitesse à laquelle nos vies peuvent basculer, qu’un accident peut se produire. Mais aussi à l’importance d’être prêt à cette éventualité, comme de la capacité de faire la réanimation.

«On ne sait jamais quand on va en avoir besoin et qui l’on peut aider», dit-il.

Bien qu’il vient de passer près de se noyer, lui et sa petite famille sont allés à la piscine de Dalhousie en début de semaine, question que personne n’en vienne à développer une peur de l’eau. Et personne n’a hésité à se lancer.

Malgré sa douleur à la poitrine, Ryan s’apprête à partir quelques jours en forêt pour la chasse à l’orignal.

«J’y vais davantage comme observateur, car je ne peux pas forcer. Mais ça va faire du bien de se retrouver en forêt après une telle mésaventure», mentionne-t-il.