Moncton-Centre: McKee élu, Collins cinglant

C’est un Rob McKee émotif qui a appris qu’il succédait à Chris Collins à titre de député libéral de la circonscription de Moncton-Centre. Pour lui, c’est une nouvelle aventure qui commence.

Le nouveau député a célébré son élection avec plusieurs membres de sa famille et des amis à son bureau de circonscription de la rue Morton, avant d’aller rejoindre les autres candidats libéraux au Club de Presse de Moncton.

«Nous avons travaillé fort et nous avons mené une bonne campagne, une campagne positive et honnête», affirme-t-il.

«Nous avons poussé le message libéral à travers la circonscription et je suis content de voir que les gens l’ont entendu. Je remercie les citoyens de m’avoir accordé leur confiance. Je vais faire de mon mieux pour bien les représenter.»

Le candidat indépendant, Chris Collins, s’est dit déçu du verdict de ses concitoyens, mais accepte le résultat.

Il n’a cependant pas mâché ses mots à l’endroit de son ancien chef, Brian Gallant.

«Le premier ministre a fait peser un gros nuage au-dessus de ma tête depuis le 5 avril. Ma femme et moi connaissions la vérité, mais je ne voulais pas briser la confidentialité du dossier juste pour gagner une élection. Ce que Brian Gallant a fait, c’est un assassinat politique», affirme-t-il.

M. Collins avait décidé de se porter candidat indépendant après avoir été suspendu du caucus libéral par le Premier ministre Brian Gallant à la suite d’une allégation de harcèlement en milieu de travail.

«Brian Gallant n’a pas été capable de s’occuper d’un simple dossier de ressources humaines. En fait, ce n’était même pas son dossier, c’était celui de l’Assemblée législative», ajoute-t-il.

Rappelons que les allégation ont été jugées en partie fondées par une enquête indépendante.

Chris Collins trace cependant un bilan positif de sa carrière politique.

«Je suis fier de ce que j’ai accompli dans ces 15 années passées en politique. J’ai été conseiller municipal, ministre et président de la chambre», fait-il remarquer.

Selon lui, c’est le vote francophone qui a fait la différence.

«Il y a beaucoup de francophones dans ma circonscription et je pense que les gens ont eu peur de Blaine Higgs. Ils ont voté libéral pour ne pas diviser le vote et élire les conservateurs.»

L’ancien ministre libéral n’a pas tiré un trait sur la politique, mais ne sait pas encore ce que l’avenir lui réserve.

En 2014, Chris Collins avait été élu sous la bannière libérale avec 3339 votes, contre 1589 pour la conservatrice Marie-Claude Blais.

Inquiétudes

L’ambiance n’était pas à la fête au Club de la Presse de Moncton où s’étaient rassemblés la plupart des candidats libéraux du Grand Moncton. Les candidats du gouvernement sortant ont pourtant fait bonne figure dans la métropole du Sud-Est.

La ministre des Finances du Parti libéral Cathy Rogers a conservé son siège dans Moncton-Sud avec 1 009 voix d’avance. Une victoire nette alors que la lutte était annoncée serrée face à l’avocate Moira Murphy, candidate du parti progressiste-conservateur.

Cathy Rogers avait été élue en 2014 avec 45% des voix en 2014, elle obtient cette fois la faveur de 47,2% de l’électorat.

«Je suis très honorée et très heureuse, a-t-elle déclaré une fois sa victoire confirmée. C’est avec humilité que j’accepte le résultat. L’équipe autour de moi a travaillé très fort et je les en remercie.»

Réélu pour un troisième mandat dans Dieppe, Roger Melanson a remporté la course avec une écrasante majorité. Le président du Conseil du Trésor et ministre de l’Éducation postsecondaire a battu facilement le candidat néo-démocrate Joyce Richardson par plus de 4 116 voix. Le conservateur Pierre Brine pointe en troisième position avec 13,8 % des votes.

Dans Moncton-Est, la libérale Monique LeBlanc l’a emporté face à Marty Kingston, ancien journaliste sportif et candidat du parti de Blaine Higgs. Elle a été appuyée pour un second mandat par 3626 électeurs contre 2771 pour M. Kingston.

Monique LeBlanc s’est dit surprise par la tournure de la soirée électorale.

«Je m’attendais à des élections très serrées mais à ce point, je ne l’aurais jamais imaginé. Ça me déçoit un peu comme francophone que l’Alliance des gens remporte plusieurs sièges. Ça va donner des discussions intéressantes à l’Assemblée. C’est du jamais vu dans la province.»

Dans Riverview, le député progressiste-conservateur sortant Bruce Fitch (3701 votes) a obtenu l’approbation de ses électeurs avec presque 50% des voix. Il a devancé le libéral Brent Mazerolle (2053) et Heather Collins (1005), de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Dans Moncton-Nord-Ouest, c’est le conservateur Ernie Steeves (3186 votes) qui l’a emporté. Il a devancé la libérale Courtney Pringle-Carver (2963).