Le NPD s’effondre au Nouveau-Brunswick

Le NPD vient de subir un lourd revers: il n’obtient aucun siège et n’a pas su gagner la faveur des électeurs. La cheffe Jennifer McKenzie tente tout de même de garder la tête haute.

Bien qu’il n’avait pas pu faire élire de député en 2014, le NPD s’était placé en troisième position au niveau du vote populaire en recueillant 12,98% des voix à l’échelle provinciale. Il s’agissait d’un record historique pour le parti alors dirigé par Dominic Cardy.

Les néo-démocrates ne recueillent cette fois que 19 038 voix soit 5% des votes. Ils se sont fait doubler à la fois par le Parti vert qui a su convaincre 11,9 % de l’électorat et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick qui récolte 12,6% des suffrages.

Malgré tout, la cheffe Jennifer McKenzie a lancé un message optimiste à ses partisans lundi soir. «Le NPD est de retour! Nous avons passé une année à renouveler notre parti et nous sommes prêts à bâtir un avenir meilleur pour tous les Néo-Brunswickois et les Néo-Brunswickois.»

Le NPD n’a pas fait élire de député à l’Assemblée législative depuis 2005, après le départ d’Elizabeth Weir qui avait remporté un siège à quatre reprises dans Saint John Harbour entre 1991 et 2003. Jennifer McKenzie n’a pas réussi la reconquête de ce bastion perdu aux libéraux. Elle y est devancée de plus de 1000 voix par le libéral Gerry Lowe et le conservateur Barry Ogden.

Le pari du NPD de séduire l’électorat du nord de la province avec plusieurs promesses portant directement sur le développement de la région n’a pas non plus porté fruit. Seul le candidat de Bathurst-Est-Népisiguit-St-Isidore, Jean-Maurice Landry, a fait bonne figure avec 29,6% des votes. Il échoue cependant à 1550 voix du libéral Denis Landry.

Nommée à la tête du parti en août 2017 après la démission de Dominic Cardy, Jennifer McKenzie a hérité d’une formation affaiblie par des divisions internes. Le NPD est alors revenu à ses fondamentaux avec un programme politique plus ancré à gauche.

La cheffe du parti est bien décidée à poursuivre dans cette voie. «Nous sommes déçus des résultats, mais nous pensons que ce que nous proposons est la bonne chose à faire pour notre province et nous continuerons de porter ce message», a-t-elle déclaré.

«Nous continuerons à mener la lutte pour un salaire minimum à 15$ de l’heure, la gratuité des études dans les collèges communautaires et une éducation universitaire abordable, des garderies accessibles, un plan de transition écologique correctement financé et une assurance médicament pour tous.»

Mario Lévesque, politologue à l’Université Mount Allison, observe que la formation peine à trouver un positionnement politique distinct. Selon lui, le NPD aurait tout à gagner à rompre ses liens avec le mouvement syndical et à adopter un programme plus centriste.

«C’est catastrophique pour eux, on ne voit pas où ils peuvent aller maintenant, dit-il. Les libéraux ont déjà un programme assez à gauche et le Parti vert a aussi une politique forte pour l’environnement.»

Au cours de la soirée électorale, Jennifer McKenzie a également eu un mot pour tous ceux qui ont fait campagne sous la bannière démocratique. «Je tiens à remercier les candidates et les candidates qui ont défendu nos valeurs et sur qui nous pouvons compter pour bâtir un avenir solide pour le NPD.»

La cheffe n’a pas souhaité se prononcer sur une éventuelle démission. «Nous allons discuter entre nous pour décider quelle sera la meilleure stratégie pour la suite, mais je pense qu’on a beaucoup d’énergie et nous savons que nous sommes sur la bonne voie.»