Un bénévole de longue date du Restigouche écope d’une peine de prison

Bien connu au Restigouche en raison de son engagement bénévole et pour y avoir été ambulancier pendant une quarantaine d’années, Donat Paulin vient d’écoper de trois mois de prison pour des gestes sexuels.

Devant initialement subir son procès devant juge et jury, l’homme de 68 ans a changé son plaidoyer en cours de route et admis sa culpabilité à une accusation d’avoir exposé ses organes génitaux à une personne âgée de moins de 16 ans. L’incident se serait produit en début 2016.

Il avait alors développé un lien d’amitié avec le jeune homme. En plus de faire certaines activités ensemble, les deux discutaient notamment par l’entremise de Facetime, une application de la compagnie Apple permettant la conversation vidéo en temps réel. Platoniques au départ, ces échanges ont toutefois pris une autre tangente au fil des mois alors que M. Paulin a commencé à introduire des références à connotations sexuelles. Il a, entre autres, questionné la victime sur son orientation sexuelle, l’incitant à consulter un site pornographique homosexuel.

Lors d’un échange, l’accusé a demandé à sa victime de lui montrer son pénis. Lui-même s’est exécuté et exhibé le sien pendant quelques secondes.

Troublé par ce comportement, le jeune homme a déposé une plainte quelques semaines plus tard. M. Paulin sera finalement accusé de quatre chefs, soit leurre, d’avoir rendu du matériel sexuellement explicite disponible à une personne âgée de moins de 16 ans, d’avoir incité celle-ci à se toucher, et de lui avoir exhibé ses organes génitaux.

À la Cour du Banc de la Reine lundi, la poursuite et la défense ont soumis au juge Larry Landry une proposition conjointe aux fins de sentence, soit une période d’emprisonnement de 90 jours purgé de façon discontinue, soit les fins de semaine.

La jeune victime était présente au Palais de justice de Campbellton, mais n’a pas désiré prendre la parole. La lecture de son rapport d’impact indique toutefois qu’il a souffert d’anxiété sévère suite à l’incident. De son côté, l’accusé a fondu en larme en s’adressant au juge, disant regretter ses gestes.

Le juge a tranché en faveur de la proposition conjointe. Soulignant qu’il s’agit d’un cas se situant au bas du spectre des crimes sexuels, il n’en a toutefois pas diminué l’importance et les conséquences pour sa victime.

Il dit avoir tenu en considération le plaidoyer (culpabilité) de l’accusé, ce qui a évité la tenue d’un procès. Le passé sans-tâche judiciaire de ce dernier a également été soulevé, tout comme son implication bénévole exemplaire à l’intérieur de nombreuses organisations (comme l’association locale et provinciale de soccer dont il fut le président).

Lorsqu’il ne sera pas en prison, l’accusé demeurera néanmoins en période de probation.

Durant les trois prochaines années, il lui sera interdit de se rendre dans les endroits fréquentés principalement par des personnes de 16 ans et moins, de travailler ou de solliciter un poste de bénévole pour cette clientèle, et même d’entrer en contact avec eux par le biais d’appareils électroniques.

Son nom figurera sur le registre des délinquants sexuels pour les dix prochaines années.