Cap-Pelé prêt à combattre en cour tout pacte avec l’Alliance des gens

Cap-Pelé sort l’artillerie lourde pour mettre Brian Gallant et Blaine Higgs en garde contre toute collaboration avec l’Alliance des gens. Ce village acadien menace de se tourner vers les tribunaux si l’un d’eux décide de collaborer avec Kris Austin.

Lors de la réunion ordinaire du conseil municipal, lundi soir, le conseil municipal a adopté une résolution à l’unanimité pour lancer un message sans équivoque aux chefs.

Les membres du conseil accusent l’Alliance de vouloir s’attaquer illégitimement aux droits fondamentaux des francophones reconnus par la Charte canadienne des droits et libertés.

Selon eux, il serait donc «inacceptable et inconcevable» que le Parti libéral et le Parti PC, «qui ont défendu et protégé les droits de la communauté acadienne et francophone du N.-B. par le passé» concluent une «entente formelle/informelle, (un) pacte ou (une alliance)» pour prendre le pouvoir avec l’appui de l’Alliance des gens.

Ils encouragent les progressistes-conservateurs et les libéraux à collaborer entre eux ou avec les verts pour trouver le moyen de gouverner la province sans l’Alliance.

Lundi dernier, aucun parti n’a remporté 25 sièges ou plus, soit le nombre magique pour avoir la majorité à l’Assemblée législative.

Le Parti PC a eu le dessus dans 22 circonscriptions, soit une de plus que le Parti libéral. L’Alliance des gens et le Parti vert ont remporté trois sièges chacun.

Brian Gallant a rejeté toute collaboration avec l’Alliance. Le chef de cette formation, Kris Austin, a offert publiquement à Blaine Higgs de l’appuyer pendant une période allant jusqu’à 18 mois. Ce dernier a cependant dit qu’aucune entente n’a été conclue avec l’Alliance.

Le conseil municipal de Cap-Pelé met en garde les bleus et les rouges que s’ils font fi de cet avertissement, le gouvernement n’aurait alors «aucune légitimité morale et légale» auprès des francophones.

Si cela se produit, il ralliera d’autres municipalités à sa cause et entamera des procédures judiciaires afin de se prévaloir de l’article de la Charte qui permet à toute personne dont les droits constitutionnels sont bafoués de se tourner vers les tribunaux.

L’auteur de la résolution appelle à la mobilisation

La résolution adoptée à l’unanimité lundi soir est l’oeuvre du conseiller Hector Doiron.

En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, il explique qu’y est pris ainsi afin que sa communauté lance un message clair aux chefs des partis provinciaux.

«Comme ils disent en anglais, “it’s a line in the sand”. C’est une ligne dans le sable que l’on ne peut pas traverser. Pas comme peuple acadien et comme francophones dans la province.»

Hector Doiron espère que voir d’autres municipalités francophones adopter des résolutions semblables. Déjà, la semaine dernière, plusieurs maires et organismes francophones ont signé une déclaration commune pour se prononcer contre toute collaboration avec l’Alliance.

«J’espère qu’il y a d’autres municipalités qui vont emboîter le pas et qui vont dire “oui, ceci, c’est un point de non-retour”. Si on ne fait pas respecter nos droits maintenant, qu’est-ce que les prochains gouvernements vont faire? Il faut prendre position.»

Lorsqu’on lui demande s’il s’identifie à un parti politique ou s’il est impliqué avec les libéraux ou les progressistes-conservateurs, il répond sans hésiter que oui.

«Je veux être franc et transparent avec le public et avec nos citoyens ici à Cap-Pelé. Les gens me connaissent comme un grand libéral», dit-il.

Mais sa résolution est motivée par sa crainte de l’Alliance des gens, pas par son affiliation au Parti libéral, ajoute-t-il.

C’est pourquoi la résolution ne cible aucun parti (à part l’Alliance) et note que le Parti progressiste-conservateur et le Parti libéral ont défendu et protégé les droits des francophones par le passé.

C’est aussi pourquoi la résolution dit noir sur blanc que le conseil municipal de Cap-Pelé est en faveur de négociations entre les trois autres partis afin de trouver le moyen de gouverner, tant que l’Alliance n’est pas de la partie.

«Ce n’est aucunement politique. Je pense que la motion est claire qu’on appuiera un gouvernement conservateur avec les verts, on appuiera les libéraux avec les verts, on appuiera aussi les conservateurs avec les libéraux s’ils s’entendent sur une façon de gérer la province.»