Un candidat conservateur dit avoir été victime d’une fraude électorale

La lutte pour le contrôle de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick s’est transportée vers les tribunaux, mardi, pour des recomptages dans deux circonscriptions – dont un dans le district de Saint-Jean, où l’avocat du candidat du Parti progressiste-conservateur a déposé une déclaration sous serment alléguant des irrégularités dans le vote.

Une allégation selon laquelle environ 40 électeurs ont voté deux fois dans la circonscription de Saint-Jean-Havre, qui a été remportée par les libéraux avec une marge de 10 voix, a été déposée lundi à la Cour du Banc de la Reine à Saint-Jean.

Toutefois, lors de l’audience de mardi, la demande a été retirée, l’avocat du parti ayant affirmé qu’il retarderait le dépôt de la nouvelle demande jusqu’au dévoilement des résultats du dépouillement judiciaire et des résultats officiels de l’élection.

Matthew Letson a indiqué que si les recomptages ne changeaient pas le résultat dans le district, la demande d’annulation du résultat de Saint-Jean serait relancée dès mardi prochain.

Le recomptage officiel des résultats de Saint-Jean-Havre devrait commencer en cour mercredi matin. Le même exercice aura lieu presque au même moment dans un tribunal de Moncton pour un nouveau décompte dans la circonscription de Memramcook-Tantramar, qui a été remportée par le Parti vert par moins de 25 voix contre les libéraux.

Le moindre changement dans l’attribution des sièges pourrait avoir pour effet de déterminer quel parti politique finira par obtenir le contrôle de la législature du Nouveau-Brunswick, après les résultats non concluants de l’élection du 24 septembre.

Les progressistes-conservateurs, dirigés par Blaine Higgs, ont remporté 22 sièges, soit un de plus que les libéraux du premier ministre Brian Gallant.

Aucun des deux partis ne dispose de suffisamment d’élus pour obtenir la majorité, et les deux dirigeants tentent d’obtenir le soutien des tiers partis détenant l’équilibre du pouvoir. Le Parti vert et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick ont fait élire chacun trois députés.

Pendant ce temps, le chef du Parti vert a poursuivi ses rencontres avec les libéraux et les conservateurs, bien que David Coon ait dit qu’il était trop tôt pour qualifier les réunions de «discussions», préférant les appeler «conversations».

Le maire d’Edmundston, Cyrille Simard, mène les négociations au nom du Parti vert.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, M. Coon a déclaré qu’il souhaitait trouver une solution stable qui changerait la nature bipartite du système politique de la province.

«C’est important d’avoir un bon dialogue avec les libéraux et les conservateurs, avec M. Gallant et M. Higgs, parce que c’est très important pour nous de s’assurer que les Néo-Brunswickois soient les gagnants, finalement, de cette élection.»