Carte loisir: Pointe-à-la-Croix propose 15 000$ à Campbellton

Visée par la politique de frais aux usagers instaurée par la Ville de Campbellton, la municipalité gaspésienne de Pointe-à-la-Croix a fait une offre à sa voisine.

Et cette offre, c’est un montant de ferme de 15 000$.

Les élus de Pointe-à-la-Croix en sont arrivés à ce compromis mardi soir, après avoir convoqué leurs citoyens à une consultation publique portant sur ce dossier.

Jusque là, la population de l’endroit était assujettie – comme tous les résidents du Restigouche et de la MRC d’Avignon – à des frais de 200$ par personne pour avoir accès aux différents programmes offerts au Centre civique de Campbellton. Pointe-à-la-Croix avait toutefois fait part à la Ville de son intention de trouver un terrain d’entente afin d’épargner ce fardeau à ses citoyens.

Lors de la consultation publique, différents scénarios ont été exposés comme solutions possibles. On parlait notamment de réévaluer (bonifier ou étendre à l’ensemble de la population) la politique en place, destinée aux enfants et aux aînés, de rembourser le plein prix de la carte loisir, d’effectuer une contribution communautaire de 15 000$ ou simplement d’opter pour le statu quo et laisser les citoyens défrayer la totalité du coût de cette carte.

Après délibération, le conseil a choisi d’y aller d’une contribution communautaire. Mais cette offre est toutefois conditionnelle à ce qu’un comité de gestion soit mis en place pour le Centre civique et que tous les partenaires régionaux y aient un siège. Le mandat de ce comité serait de trouver une formule juste et équitable pour toutes les municipalités affectées par la prise de position de Campbellton.

«S’il faut payer, chacun paye sa juste part», a souligné en entrevue le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold, à la suite de la rencontre.

Mais comment la municipalité en est-elle arrivée à ce montant? On admet y avoir été au flair, car Campbellton n’avait jamais proposé de montant fixe à sa voisine. Elle préférait attendre les offres ou, à défaut, que les utilisateurs déboursent le 200$, qu’il soit remboursé ou non par la municipalité.

«Si on rembourse 300 cartes à 200$ chacune, ça fait 60 000$. C’est financièrement impossible et impensable. L’offre qu’on a sur la table, c’est en quelque sorte le résultat d’une certaine bonification de notre politique (de remboursement) familiale. Et à nos yeux, c’est une offre réaliste. Ça reflète sûrement davantage notre utilisation du Centre civique, car en fait, on n’a jamais eu les chiffres d’utilisation de nos citoyens sous les yeux. Tout le monde en sort gagnant de cette façon», croit
M. Bujold.

Selon le maire, le geste de sa municipalité démontre sa bonne volonté à participer à cette infrastructure régionale, et ce, même si elle se trouve dans la province voisine.

«On a tout intérêt à travailler ensemble, mais on n’est pas prêt à le faire à n’importe quel prix non plus. Il faut que Campbellton soit consciente que nous avons des limites», a-t-il lancé comme avertissement, invitant ses homologues d’Avignon et du Restigouche à entamer un dialogue sur la question afin d’éviter de sombrer dans une impasse à long terme.

«On doit s’asseoir tous ensemble autour d’une même table pour trouver une solution et faire en sorte que ce problème ne surgisse pas de nouveau l’an prochain et même que ça empire», dit le maire.

Offre acceptée

Mercredi, la Ville de Campbellton a répondu par la positive à l’offre de Pointe-à-la-Croix. Par voie de communiqué, la mairesse, Stéphanie Anglehart-Paulin, s’est dite «très heureuse que le conseil de Pointe-à-la-Croix comprenne l’importance du rôle que joue le Centre civique pour la région» et a salué «l’ouverture et l’esprit communautaire» de sa voisine.

À noter que Pointe-à-la-Croix devient du coup le troisième partenaire de Campbellton, les deux autres étant Tide Head et Dalhousie.

Une question demeure: Pourquoi avoir accepté une entente de cette envergure avec Pointe-à-la-Croix alors que Tide Head – le plus fidèle partenaire de Campbellton dans l’aventure du Centre civique – paye plus que le double (34 000$) pour une population beaucoup plus petite (995 citoyens contre 1472)?

Questionnée à ce sujet, la mairesse n’a pas fourni d’explication. Elle a toutefois signifié que la Ville n’entendait pas réviser à la baisse ses exigences envers Tide Head malgré l’entente conclue avec Pointe-à-la-Croix.

Pour ce qui est de Tide Head, le maire de l’endroit, Randy Hunter, s’est montré très surpris – sinon embêté, irrité même – à l’audition de la teneur de l’entête. Ce dernier a toutefois voulu prendre soin de consulter de prendre connaissance de l’entente avant de réagir davantage.