Entrée en bourse de Zenabis: «Une bonne nouvelle pour le Restigouche»

Les derniers jours ont été mouvementés chez Zenabis. Le producteur de cannabis a annoncé l’acquisition d’une entreprise spécialisée en culture en serre, ainsi que son intention de faire son entrée sur le marché boursier et de changer son nom à Zenabis Global.

Tout ça, quelques jours seulement avant l’entrée en vigueur de la légalisation de la marijuana.

L’entreprise a annoncé qu’elle allait tester le marché boursier. Cette transaction n’est pas immédiate. Elle doit être approuvée au préalable par le TSX, ce qui devrait avoir d’ici un mois ou deux.

Parallèlement, elle a aussi annoncé avoir effectué une prise de contrôle inversée de la compagnie britanno-colombienne, Bevo Agro. Les deux compagnies étant canadiennes, le contrôle de la nouvelle entité qui en résultera – Zenabis Global – le demeurera également, un souhait de l’administration.

«Nous voulons être une compagnie nationale et internationale avec son siège social ici au pays», a confié à l’Acadie Nouvelle Rick Brar, PDG de l’entreprise.

À l’opposé de Zenabis, Bevo Agro ne produit toutefois pas de cannabis. Du moins pas pour le moment. Une demande pour l’obtention d’une licence a toutefois été logée auprès de Santé Canada. Dans sa forme actuelle, la compagnie est – au dire de ses nouveaux acquéreurs – l’une des plus avancées en Amérique du Nord au niveau de la technologie de la croissance des plantes en serres.

Pour le PDG de l’entreprise, les deux compagnies se compléteront donc parfaitement. «L’expertise et la technologie que cette compagnie va nous apporter aideront grandement à notre croissance, soit notre rapidité et notre capacité de production», a indiqué M. Brar.

Mais à quoi doit-on s’attendre de tout ce mouvement ici, au Restigouche? Pour M. Brar, l’usine d’Atholville n’a absolument rien à craindre et tout à gagner.

«Moi je vois cette acquisition comme une très bonne nouvelle pour le Restigouche. Ces nouvelles techniques et technologies vont sans aucun doute nous permettre d’accélérer de façon significative nos plans dans cette région. Notre but a toujours été et demeure de faire grossir notre usine d’Atholville, de créer encore davantage d’emplois», soutient M. Brar.

Celui-ci ajoute que tous ces chambardements n’affecteront en rien les ententes prises avec les partenaires initiaux, comme le gouvernement du Nouveau-Brunswick et la Première nation de Listuguj.

Atholville optimiste

À Atholville, on a entendu patiemment pendant des années que l’usine Zenabis puisse enfin obtenir son permis de production et de vente de cannabis. Maintenant que c’est chose faite et que la légalisation est à la porte, faut-il craindre l’entrée en bourse et l’acquisition de la compagnie?

Le maire de l’endroit, Michel Soucy, est plutôt de l’avis du PDG de l’entreprise et croit que non.

«Au contraire, je vois plutôt ça d’un bon œil. Si on veut avancer et être concurrentiel sur le marché, il faut trouver les moyens d’obtenir les fonds nécessaires pour mousser cette croissance, il faut être agressif. Et selon moi, la bourse est une bonne façon d’y parvenir», estime le politicien qui ne craint pas pour l’avenir de l’usine sur son territoire.

«Pour ce que j’en sais, les choses vont très bien pour l’entreprise. On met les bouchées doubles en prévision de la légalisation le 17 octobre. En fait, ça travaillait ici tout le weekend. Avec une telle intensité, je ne crois pas que l’on doive s’inquiéter de l’avenir de l’usine», indique le maire.

Plus que quelques jours

À quelques jours de l’entrée en vigueur de la légalisation, le maire d’Atholville est fébrile. Non, il ne se ruera pas à la porte de la succursale de Cannabis NB pour encourager la production locale. Toutefois il regarde avec beaucoup d’optimisme cette usine qui fournit aujourd’hui du travail à de nombreuses familles au Restigouche.

«Pour nous, l’entrée en fonction de l’usine, ce fut un grand soulagement. Surtout après tous les efforts et les espoirs qu’on avait mis dans ce projet. C’est certain qu’on n’a pas (encore) créé le nombre d’emplois espéré. On parlait au départ de 500 à 600 emplois (NDLR : la compagnie prévoit en avoir 140 d’ici la fin de l’année), mais ça crée tout de même une belle dynamique dans la région, dans le milieu des affaires. On sent que les gens investissent davantage parce qu’ils ont confiance, et il y a de quoi être heureux. Et pour nous, on continue d’avoir de belles attentes de la part de Zenabis», exprime le maire.

Pour ce qui est de la direction de l’entreprise, celle-ci se dit fin prête à la légalisation. «On est là où on souhaite être. Nos équipes travaillent d’arrache-pied afin de respecter ses engagements, et on est très fiers et satisfaits d’elles. Nos premières livraisons ont débuté le 24 septembre. Depuis, nous livrons régulièrement», souligne-t-il.

Avis aux intéressés qui voudraient consommer le produit du Restigouche, il sera disponible dans les succursales de Cannabis NB sous le nom de Namaste. «Nous proposerons d’autres sortes sous peu, mais nous aurons au moins cette sorte pour le jour J», dit M. Brar.