Kent et Sud-Est: une saison de pêche au homard exceptionnelle

La pêche au homard prend fin dans le détroit de Northumberland, mercredi, et pour une troisième année consécutive, elle a été meilleure dans le sud que dans le nord de la zone. Ceci étant dit, la majorité des homardiers considèrent que la saison a été un succès.

Les pêcheurs de homard de Kent et du Sud-Est ont levé leurs casiers pour la dernière fois en 2018, cette semaine. Sur la grande majorité des quais règne une ambiance de satisfaction.

Les seules exceptions à la règle sont les quais de l’extrême nord de la zone de pêche 25, soit Pointe-Sapin et Loggiecroft. En plus d’avoir été exposés à des conditions météo plus difficiles que la normale, les casiers de ces pêcheurs ne débordaient pas comme ceux du sud.

«Ç’a été so-so dans notre bout, à Loggiecroft et à Pointe-Sapin. Ce n’était pas aussi bon qu’on aurait aimé. Ça fait deux ou trois ans que ça diminue», affirme Albert Hébert, pêcheur de la région de Kouchibouguac.

Dans le nord du comté de Kent, des pêcheurs rapportent avoir capturé environ 20 000 à 24 000 livres de homard cet automne, selon Michel Richard, de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM).

Au centre de la zone de pêche 25, au large des quais de la région de Bouctouche, on parle de débarquements totaux de 30 000 à 40 000 livres. Plus au sud, sur les quais de Pointe-du-Chêne à Cap-Tourmentin, la majorité des pêcheurs ont dépassé les 40 000 livres de homard. Certains en ont même pris plus de 50 000 livres.

«Il y a quand même des cas extrêmes, précise M. Richaud. On a 384 entreprises de pêche. Elles ne prennent pas toutes le même volume de homard.»

Martin Mallet, directeur général de l’UPM, affirme qu’«il n’y a pas vraiment d’explication à l’heure actuelle» pour les concentrations plus fortes de homard dans le sud de la zone de pêche du détroit de Northumberland. Il n’arrive également pas à prédire si la tendance va se maintenir, surtout que par le passé, la distribution était inversée. Au début des années 2000, les homardiers du nord capturaient deux à trois fois plus de homard que ceux du sud.

«On ne sait pas d’une année à l’autre comment ça va aller. On a des rapports de pêcheurs de Pointe-Sapin et de Richibucto qui nous disent qu’ils remettent énormément de petit homard à l’eau. C’est du homard qui sera dans la pêche l’année prochaine», mentionne M. Mallet.

Beaucoup de petits homards

Le directeur de l’UPM souligne que la hausse de la taille minimale de la carapace du homard, qui a atteint 77mm cette année, a un grand impact sur la capacité de reproduction du stock de homard du détroit. Au cours des dernières années, plus de 80% des femelles ont réussis à pondre des oeufs au moins une fois avant d’être capturées. Quand la taille minimale était de 68,5mm, il y a quelques années, ce taux n’était que de 15%.

Selon M. Richard, les homardiers de la zone ont observé une quantité exceptionnelle de homard sous la taille minimale de pêche au cours des deux derniers mois.

«Il y a beaucoup de pêcheurs qui ont espoir que l’an prochain, le homard sera présent. À gauche et à droite, les pêcheurs ont dit que le recrutement (le taux de repeuplement) a été phénoménal.»

Ajustement des prix?

Au niveau des prix, les pêcheurs ont obtenu 4,50$ à 5,00$ la livre pour leurs débarquements cet automne. Certains estiment qu’ils recevront un ajustement à la hausse au cours des prochains jours.

«On s’est fait dire par nos pêcheurs que les acheteurs promettaient des ajustements. Mais on n’a rien encore entendu d’officiel», explique M. Richard

L’an dernier, en fin de saison, les pêcheurs obtenaient 4,25$ à 4,75$ la livre pour leur homard, selon un rapport du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard. En 2016, ils avaient obtenu 6,15$ à 6,50$ la livre pour leurs débarquements.

La pêche au homard dans la zone 25, qui s’étend de Pointe-Sapin à Pugwash, en Nouvelle-Écosse, a été lancée le 9 août.

La prochaine saison de pêche au homard sur la côte est du Nouveau-Brunswick sera celle de la zone 23, soit la Péninsule acadienne, au printemps.