Surfer le mascaret de Memramcook à Riverview

Peu après 11h15, mercredi, un surfeur apparaît sur la rivière Petitcodiac au centre-ville de Moncton. Il navigue sur le mascaret depuis Memramcook. Bien solide sur sa planche, il poursuit sa prouesse jusqu’à Riverview pour devenir celui qui a surfé la célèbre rivière sur la plus longue distance en solo.

Antony Colas a l’habitude des mascarets. Le français a surfé sur 25 rivières dans 15 pays. Il écrit aussi sur le sujet et sera conférencier au Campus de Shippagan de l’Université de Moncton en plus d’être présent au Salon du livre de Dieppe.

Le surfer français, Antony Colas, à son passage au centre-ville de Moncton sur la Petitcodiac. – Acadie Nouvelle : Patrick Lacelle

Mercredi, alors que le mercure plongeait sous la barre des 10 degrés, M. Colas a tenu sur sa planche pendant 1h13m, un record personnel pour le surfeur. Malgré le temps frisquet et la pluie, l’expérience lui a plu.

«C’est comme tout. Il y a l’avant et l’après. L’avant, c’est sûr que c’est un peu lugubre. On a un peu froid et tout. Après, nous sommes comme électrisés par l’énergie de cette rivière. Ensuite, c’est la chasse. Une fois que nous sommes dedans, nous utilisons beaucoup d’énergie à suivre et poursuivre en plus de rester debout (sur la vague)», a-t-il confié à l’Acadie Nouvelle dès sa sortie de l’eau.

L’auteur est venu pour la première fois à Moncton en 2013. Il avait alors vu, un peu comme tous les touristes, une infime partie de la rivière Petitcodiac. Il voulait revenir pour la découvrir davantage et profiter des couleurs de l’automne.

«J’aime bien les forêts et j’avais à coeur de revenir quand elles sont toutes rouges pour voir ce feu d’artifice végétal. Je trouve ça tellement beau. Je voulais combiner ma passion pour les mascarets et les belles couleurs de l’automne», a souligné M. Colas.

L’athlète de 50 ans pratique aussi son sport dans l’océan, comme plusieurs autres, mais les rivières, comme la Petitcodiac, lui apporte une autre sensation.

Le surfer français, Antony Colas, à son arrivée à Riverview. – Acadie Nouvelle : Patrick Lacelle

«Il n’y a pas l’aspect technique comme sur une vague océanique. Par contre, il y a tout ce qu’il y a autour, les arbres, les oiseaux, les sons, les couchers de soleil, les brumes… Voilà, je pense que le mascaret parle à l’homme sensible parce que ce phénomène naturel est vraiment un prodige.»

«Mascaret, prodige de la marée» est par ailleurs le titre de son dernier livre dans le lequel il relate en images ses aventures sur les différentes rivières. Comparativement aux autres mascarets dans le monde, celui de la Petitcodiac se distingue par sa force et sa hauteur.

«C’est une amplitude de marée forte comparée à ce qu’on retrouve ailleurs dans le monde, mais c’est aussi une rivière qui n’a pas beaucoup d’eau. C’est une rivière très peu profonde et très encaissée. Ça n’a peut-être pas toujours été le cas. Je pense qu’il y avait plus d’eau avant 1968. J’espère qu’à nouveau il y en aura plus après la fin des travaux sur le pont jeté, en 2020.»

Le surfer français, Antony Colas, à son arrivée à Riverview. – Acadie Nouvelle : Patrick Lacelle

M. Colas note déjà que la rivière est un peu plus large qu’en 2013 et que le mascaret est un peu plus vigoureux.

L’auteur et surfeur français sera du Salon du livre de Dieppe du 18 au 21 octobre et lundi, il sera en conférence à 17h30 au Campus de Shippagan de l’Université de Moncton.