Tracadie: d’autres problèmes pointent à l’horizon

Les élus de Tracadie en ont pleins les bras avec la gestion de la tempête financière qui frappe la ville. Mais voilà que de nouveaux gros nuages noirs pointent à l’horizon.

La démission récente de deux conseillers laisse maintenant quatre sièges vacants à la table du conseil municipal. Il ne reste que sept personnes encore en poste et le quorum demande la présence d’au moins six élus. Deux absences et c’est la paralysie politique.

Le conseiller Jolain Doiron se dit inquiet de la situation qui met à risque la gestion même de la municipalité. Et comme si ce n’était pas assez problématique, les élections complémentaires, qui devaient avoir lieu en novembre puis retardées en décembre, ont été repoussées en mai 2019 par Élections NB.

«Si nous avons un empêchement professionnel ou de maladie ou si nous sommes en vacances, on peut rapidement baisser à cinq et plus rien de fonctionne. Ça nous met de la pression, ça requiert une gestion de nos horaires et ça nous demande de nous présenter aux réunions le plus souvent possible», a-t-il mis sur la table.

Devant ce constat, le maire Denis Losier a suggéré, à la blague, que lui et les conseillers encore en poste prennent bien leurs vitamines cet hiver pour garder une bonne santé. Il a ensuite admis que c’est loin d’être l’idéal, surtout en temps de crise financière.

«Quand nous n’avons pas de réunions ordinaires, on ne peut voter sur des résolutions qui font avancer la ville, argue-t-il. C’est inquiétant. C’est déjà arrivé une fois qu’il a fallu annuler notre rencontre parce que nous n’avions pas le quorum. Ça repousse nos dossiers d’au moins deux semaines et ça mobilise les élus pour des réunions extraordinaires. On s’en serait bien passé. Il aurait été préférable que les gens qui ont démissionné aient resté, mais on ne peut pas revenir sur le passé.»

Ce mince équilibre autour de la table du conseil laisse également planer la possibilité d’une tutelle de la part du gouvernement. Le maire assure qu’on est encore bien loin de ça.

«J’ai déjà rencontré le gouvernement pour l’informer de notre réalité. La réponse a été qu’il fallait qu’on tombe sous le quorum pour que le ministère des Gouvernements locaux intervienne. Il pourrait aussi organiser une élection d’urgence et des fonctionnaires pourraient venir rencontrer notre administration afin d’instaurer une situation temporaire en attendant les élections», a expliqué Denis Losier.

Le ton monte

Par ailleurs, le maire a levé le ton au sujet de la crise financière que traverse Tracadie, mardi pendant la réunion publique mensuelle. Le rapport de la firme E6 International a révélé des déficits de 111 000$ en 2016 et de 439 000$ en 2017. Le premier élu ne veut pas d’un troisième tableau rouge dans son dossier.

«Je dis depuis que je suis élu que notre situation est précaire, mais on me répond que c’est exagéré. Personne ne m’a écouté. On m’a reproché de ne pas être un meneur, de trop parler et d’être arrogant. Je fais attention aux mots que j’utilise, mais je dis la vérité», a-t-il lancé devant le public.

Il a mis cette saute d’humeur sur la passion et le temps qu’il a investi depuis bientôt 29 mois – une période durant laquelle il n’a jamais eu en main les états financiers de Tracadie, rappelle-t-il.

«Ça vient nous chercher au fond de nos tripes. Je veux que mon mandat soit le plus efficace possible. Même si je m’emporte, je demeure respectueux, mais ça fait partie de moi. Nous ne sommes pas des robots, nous sentons une pression. Des fois, on monte le ton», a-t-il fait allusion.