Ambulances en région: les politiciens veulent s’attaquer au problème

Les partis politiques à Fredericton s’engagent à s’attaquer aux délais déraisonnables en matière de services ambulanciers dans les régions rurales de la province.

Brian Gallant, Blaine Higgs et David Coon souhaitent tous trouver rapidement des solutions pour dénouer la crise.

Le premier ministre Gallant a assuré jeudi que son discours du Trône, qui sera présenté le 23 octobre, contiendra «un engagement à prendre des mesures concrètes pour renforcer les services d’ambulance et remédier à la pénurie de travailleurs paramédicaux.»

La situation est particulièrement difficile ces temps-ci dans le Restigouche-Ouest où des citoyens ont dû transporter eux-mêmes des personnes à l’hôpital à plus d’une reprise en raison des délais trop longs avant l’arrivée de l’ambulance.

Des problèmes semblables ont été rapportés au cours des derniers mois à Dalhousie et à Caraquet.

«Les gens du Nouveau-Brunswick ont dit clairement lors de la campagne qu’ils veulent plus que jamais que le gouvernement aborde ces défis», a mentionné le chef du Parti libéral.

Le premier ministre Brian Gallant. – Acadie Nouvelle: Mathieu Roy-Comeau.

Brian Gallant, qui a perdu sa majorité à l’Assemblée législative lors des élections du 24 septembre, aura cependant besoin de l’appui des autres partis politiques pour faire adopter son discours du Trône et continuer à gouverner.

Le chef du Parti vert, David Coon, propose la création d’une commission d’enquête sur les services ambulanciers pour résoudre la crise qui secoue les milieux ruraux au Nouveau-Brunswick.

Selon lui, il est temps de nommer un commissaire qui pourrait travailler à temps plein pour comprendre les défis et mettre un terme aux délais déraisonnables avant l’arrivée des ambulances dans les régions rurales.

«Ça prend une enquête publique et vite pour assurer que nous allons comprendre les solutions à ce gâchis dans la gestion (d’Ambulance NB.)»

Le chef du Parti vert, David Coon. – Archives

«Dès que l’Assemblée législative reprendra ses travaux, un commissaire devrait être nommé pour mener une commission d’enquête avec un mandat assez court dans le temps pour étudier ce gâchis dans la gestion et faire des recommandations claires pour régler la situation immédiatement, à moyen terme et à long terme. La situation est urgente», soutient le leader du Parti vert, jeudi.

Son homologue du Parti progressiste-conservateur veut lui aussi s’attaquer rapidement au problème, mais sans aller jusqu’à nommer une commission d’enquête.

Blaine Higgs suggère de rassembler les gestionnaires, les employés et des membres des communautés pour trouver une solution.

«Je veux réunir les gens dans la même salle, dont les responsables de Medavie, les travailleurs paramédicaux et leur syndicat. Il faut identifier les problèmes et demander aux gestionnaires pourquoi nos ambulances ne sont pas sur les routes», a-t-il dit.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs. – Archives

L’entreprise privée sans but lucratif Services de santé Medavie gère Ambulance NB au nom du gouvernement.

«Je pense que c’est un problème de gestion. C’est peut-être un problème de recrutement. Il y a peut-être là des restrictions sur lesquelles il faudrait se pencher», ajoute M. Higgs.

Le Parti progressiste-conservateur a notamment promis en campagne électorale d’embaucher des travailleurs paramédicaux unilingues pour occuper des postes bilingues, même si cela pourrait aller à l’encontre d’une décision de la Cour.

«La langue n’est peut-être qu’une partie du problème, mais selon ce que nous avons entendu, ça en fait partie», affirme M. Higgs.

L’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick veut elle aussi permettre aux travailleurs paramédicaux unilingues d’occuper des postes désignés bilingues.

Brian Gallant et David Coon ne sont pas d’accord avec la proposition de Blaine Higgs et de Kris Austin concernant le bilinguisme des travailleurs paramédicaux.

«Il y a une pénurie de travailleurs paramédicaux partout au pays. L’idée de blâmer les droits linguistiques pour ces défis, je pense que c’est évident que c’est faux parce que toutes les autres provinces ont des défis similaires», a indiqué le premier ministre.

«Dans le contexte des problèmes de gestion, c’est peut-être possible de se pencher sur la question des services dans les deux langues, mais ce n’est pas un grand défi, a mentionné M.Coon. Il est nécessaire d’avoir le service ambulancier dans les deux langues. C’est la loi. Les droits linguistiques sont clairs au Nouveau-Brunswick.»