Centre civique de Campbellton: Tide Head crie à l’injustice

«Pourquoi payons-nous davantage que les autres? C’est tout simplement injuste!»

Une journée après avoir pris connaissance de la décision de Campbellton d’accepter l’offre de Pointe-à-la-Croix dans le dossier des frais aux usagers, le maire de la communauté de Tide Head ne décolère pas.

Randy Hunter ne comprend pas du tout comment il se fait que la municipalité québécoise s’en tire avec une contribution de 15 000$, alors que la sienne – pourtant plus petite d’environ 500 habitants – doit contribuer à hauteur de 34 000$, soit plus du double. En fait, lorsque l’on décortique les contributions par le nombre d’habitants, le montant revient à environ 34$ par personne à Tide Head contre un peu plus de 10$ à Pointe-à-la-Croix. De quoi susciter quelques interrogations.

Pour bien comprendre, il faut faire un bref retour en arrière. Plus tôt cette semaine, la municipalité de Pointe-à-la-Croix a proposé à la Ville de Campbellton un montant fixe de 15 000$ afin d’éviter que soit appliquée à ses citoyens la fameuse carte loisir. Cette carte, rappelons-le, a été imposée par la Ville aux communautés voisines du Restigouche et d’Avignon (en Gaspésie) pour l’utilisation de son complexe multisports, le Centre civique. Son coût, 200$ par personne… à moins, bien entendu, qu’une entente soit conclue avec Campbellton, ce qui s’est produit avec Pointe-à-la-Croix.

Si le maire de Tide Head se dit heureux pour ses voisins québécois d’avoir réussi à parapher une entente à rabais, il se demande pourquoi sa communauté – qui est un partenaire de la première heure du Centre civique – n’a pas droit au même traitement.

«Où est l’équité?»

Mercredi soir, le conseil de ce petit village s’est réuni et la question a inévitablement fait surface.

«Personne autour de notre table ici n’est content en ce moment. Tant mieux pour Pointe-à-la-Croix, c’est une aubaine pour eux. Mais nous, nous avons l’impression d’être traités injustement. J’ai posé la question au conseil de Campbellton et je n’ai toujours pas eu de réponse. Où est l’équité?», clame le maire.

Plus tôt cette année, Tide Head avait levé le ton envers Campbellton dans le dossier du Centre civique. Seul partenaire financer depuis le retrait d’Atholville, le village désirait obtenir plus de reconnaissance et certains avantages additionnels pour ses citoyens en vertu de sa contribution monétaire.

«On n’a rien eu encore. Pire, pendant qu’on attend, la reconnaissance et les avantages sont donnés à une autre municipalité par le biais d’une entente beaucoup plus intéressante que la nôtre. On demandait par exemple depuis des mois qu’elle partage avec nous certaines données sur le Centre civique, comme les états financiers, le nombre de nos citoyens qui participent aux différents programmes, et on attend toujours. Ce n’est pas comme ça qu’on traite un partenaire de longue date», dit-il.

L’entente survenue entre Pointe-à-la-Croix et Campbellton est par ailleurs conditionnelle à la formation d’un comité de gestion pour le Centre civique et que tous les partenaires régionaux y aient un siège. Sur ce point, le maire de Tide Head est d’accord.

«En fait, c’est justement ce que l’on souhaite. Mais jusqu’à présent, la Ville nous promet d’être à l’écoute, mais elle ne le fait pas. On verra ce qui va arriver», indique le maire qui tient maintenant mordicus à rencontrer les élus pour discuter de son entente.

Questionnée sur les griefs de Tide Head mercredi, la mairesse de Campbellton, Stéphanie Anglehart-Paulin, a confirmé au journal que son administration ne comptait pas revoir à la baisse la contribution du village restigouchois, sans toutefois préciser les raisons derrière cette décision.