Église de Bas-Caraquet: le comité demande un délai de six mois avant la destruction

Le Comité de sauvegarde de l’église de Bas-Caraquet demande un délai de six mois au Diocèse de Bathurst avant de procéder à la démolition du lieu de culte centenaire, prévue avant l’hiver.

Plutôt que d’en informer directement l’évêque du diocèse, Mgr Daniel Jodoin, la présidente du regroupement, Lucie LeBouthillier, a choisi de passer ce message par l’entremise des médias, jeudi, «de la même manière que le diocèse a procédé pour annoncer la démolition de notre église», indique-t-elle.

L’évêque du diocèse a indiqué dimanche que les ruines restantes de l’incendie de juin seraient démolies avant l’hiver. Une nouvelle église plus fonctionnelle payée avec l’argent des assurances serait construite.

Dans une lettre envoyée au journal, le comité propose au prélat diocésain, au père Edmond Thériault, au Comité de gestion de la paroisse Saint-Paul et à la population de retarder la mise à terre de la structure de pierres jusqu’au printemps afin «que chacun puisse sortir honorablement de cette impasse».

«Nous avons été informés qu’il serait possible de prolonger le délai si l’évêque en faisait la demande aux assureurs», soutient Mme LeBouthillier.

Le groupe demande aussi une rencontre d’ici la fin octobre avec le comité de gestion de la paroisse, la municipalité et le comité de sauvegarde avec le professeur en architecture Mathieu Boucher-Côté. On désire que l’enseignant de l’Université Laval présente les ébauches d’esquisses des 15 étudiants avec qui il est venu étudier la structure du bâtiment religieux en début de semaine.

Le comité s’engage également à tenir une réunion publique en décembre afin d’y présenter le travail des étudiants, de proposer une option qui pourrait faire consensus dans la communauté et de la présenter à Mgr Jodoin.

«Cette offre peut contribuer à trouver une sortie de crise positive et respectable pour tous», conclut la porte-parole dans sa lettre.

«Ce serait dommage de ne pas donner la chance au coureur, poursuit Mme LeBouthillier en entrevue. Ce ne sont pas six mois de délai qui vont faire la différence. Soyons clairs: nous ne prônons pas de rebâtir une église identique. Nous voulons voir l’utilisation possible des murs.»

Le comité de sauvegarde a pu mettre la main sur le rapport des ingénieurs néo-écossais concernant l’état actuel de la structure de pierres. Il se donne quelques jours pour en étudier le contenu, en compagnie d’experts en architecture.

Ce report, s’il est accepté, signifierait que quelqu’un devra payer les coûts d’entretien et de sécurité des lieux pendant l’hiver, lesquels seraient estimés à près de 250 000$.

À cela, la présidente du comité de sauvegarde demeure sceptique.

«Nous ne sommes pas des idiots. Qu’on nous présente ces chiffres et qu’on nous dise pourquoi. Il n’y aura pas de chauffage, ni d’électricité, ni d’entretien, ni déneigement. Les murs sont encore debouts malgré la pluie et le vent depuis trois mois. Nous demeurons prudents par expérience. Il s’est dit tellement de choses depuis cinq ans», souligne-t-elle.