Tracadie: une conseillère contredit le maire sur la question des états financiers

Nouveau rebondissement dans la crise financière qui ébranle la Ville de Tracadie. Une conseillère prétend que le maire Denis Losier serait dans l’erreur quand il affirme n’avoir obtenu aucun état financier depuis son entrée en poste. Le premier élu répond que les données reçues n’étaient pas fiables.

Dans un document envoyé à l’Acadie Nouvelle, la conseillère Ginette Brideau-Kervin soutient que le comité des priorités et des finances de la municipalité a rencontré le maire à plusieurs reprises et que des rapports financiers ont été présentés au conseil municipal sur une base régulière.

Mardi en réunion publique, le maire a mentionné, d’abord devant les gens rassemblés dans la salle et par la suite en entrevue avec les médias, ne pas avoir obtenu de telles statistiques depuis 29 mois.

La Ville a encaissé des déficits dans les deux dernières années – 111 000$ en 2016 et 439 000$ en 2017 -, selon un rapport de la firme E6 International commandé au coût de 410 000$.

«Je ne sais pas si je siège sur le même conseil municipal que le maire, s’est questionnée la conseillère élue en 2014. M. Losier dit n’avoir jamais vu de rapports financiers dans les 29 mois de son mandat. Depuis son arrivée en mai 2016, le comité des priorités et des finances s’est rencontré régulièrement et des rapports financiers ont été présentés au conseil sur une base quasi régulière», fait-elle savoir.

Ainsi, selon ses notes, le directeur des finances de l’époque, Henri Battah, a présenté le 3 avril 2017 aux membres du conseil un rapport financier pour la période du 1er janvier 2017 au 30 mars 2017, qui a ensuite été accepté à l’unanimité par les membres du conseil lors de la réunion régulière du 10 avril 2017. Il s’agissait du dernier constat présenté par M. Battah puisqu’il a été remercié de ses services au début de l’automne 2017.

Elle ajoute que le 26 février 2018, le conseil a eu droit à un rapport financier verbal pour la période du 1er au 31 janvier 2018, de la part de l’employée comptable récemment embauchée et appuyée de Jeffrey Savoie, consultant chez la firme E6 International.

Ses documents relatent également un rapport financier, présenté le 23 avril, couvrant la période du 1er janvier au 31 mars 2018, qui démontrait un déficit de 380 546$ dans les fonds généraux et un surplus de 469 560$ pour le service des eaux et égouts.

Trois mois plus tard, Mme Brideau-Kervin prétend que le directeur général de Tracadie, Daniel Hachey, a présenté un nouveau rapport financier, mentionnant un déficit au 30 avril de 3277$ dans les fonds généraux.

«J’ai posé la question à M. Hachey si ce montant représentait le vrai portrait des finances à la municipalité. Sa réponse à été: “Portrait très fiable, à 98%, de l’état des finances. On suit le budget à quelque 3000$ près. Le rattrapage a été fait, aucun retard”. La réunion a été diffusée sur à la télévision Rogers», prend-elle la peine de spécifier.

Un dernier rapport, datant du 28 mai 2018, a confirmé les données précédentes, mentionne-t-elle.

«Le maire maintient que les rapports présentés par l’ancienne administration ne sont pas fiables. Qu’en est-il de ceux présentés par la nouvelle administration avec l’embauche d’une experte-comptable, d’une nouvelle employée à la paie et la firme de consultants E6 International? Si ce dernier rapport n’est pas fiable, ou si le maire ne le reconnaît pas comme étant un rapport fiable, qui doit-on blâmer? L’ancienne administration, les employés, les consultants?», pose-t-elle comme question.

Le maire Denis Losier a tenu à préciser ses propos.

«On ne pouvait se fier à ces rapports parce que les recommandations comptables n’étaient pas appliquées. Je peux présenter des feuilles avec des chiffres et dire que ce sont des états financiers. Le directeur général et la directrice des finances ont préparé un rapport deux fois, car les employés du département ne peuvent pas. De plus, il y avait plusieurs erreurs, donc ils n’étaient pas fiables. De là le rapport de E6 International. On paie des employés et une firme pour obtenir l’heure juste. Ce n’est pas notre rôle de protéger des employés», a commenté l’élu.