Bientôt une nouvelle vie pour l’église d’Atholville

Vacante depuis l’an dernier, l’église d’Atholville a récemment été mise sur le marché par le Diocèse de Bathurst. Et contrairement à plusieurs autres bâtiments du genre, elle pourrait ne pas y rester très longtemps.

La demande de mettre en vente l’église ne vient pas toutefois du diocèse, mais bien des paroissiens qui trouvaient que ce lieu de culte n’était pas adéquat.

Selon le diocèse, l’église d’Atholville a en effet toujours été problématique, et ce, depuis les premiers jours de sa conception. C’est que le modèle choisi ne convient pas du tout au climat canadien.

«C’est un curé à l’époque qui avait visité une église au Texas et l’avait trouvée extraordinaire, au point d’en rapporter les plans ici. C’est vrai qu’elle est belle et pratique, mais ce qui n’a pas été pris en considération par contre, c’est la température. L’église n’étant pas isolée autant qu’elle le devrait, elle est très difficile à chauffer l’hiver», explique l’évêque du Diocèse de Bathurst, Mgr Daniel Jodoin.

Selon ce dernier, les paroissiens ont pensé à de nombreuses solutions pour conserver leur église, mais les résultats étaient mitigés. Après une année d’inaction, et le risque de voir celle-ci se dégrader, ils ont déterminé que la meilleure option était de la mettre en vente.

La spécificité de l’architecture du bâtiment – soit le fait qu’il ne ressemble pas à une église conventionnelle – pourrait par ailleurs jouer en sa faveur et contribuer à une vente plus rapide croit l’évêque. «C’est plus facile à reconvertir en quelque chose d’autre que si l’on a un bâtiment en brique avec des pignons», dit-il, prenant toutefois soin de préciser que l’édifice n’a toujours pas été vendu.

«Nous avons deux offres sérieuses sur la table jusqu’à présent et sommes en train de les étudier. Nous devrions être en mesure de prendre une décision le mois prochain», ajoute-t-il.

Avant de mettre le bâtiment sur le marché, Mgr Jodoin affirme avoir eu des discussions informelles avec la municipalité d’Atholville afin de voir si celle-ci avait un intérêt à faire l’acquisition de l’église. Mais voilà, avec les écoles Versant Nord et Mgr Melanson qui ont fermé leurs portes définitivement en juin dernier, la municipalité a déjà son lot de bâtiments vides sur son territoire et ne désire pas ajouter un fardeau supplémentaire sur les épaules des contribuables.

«Et ce n’est pas parce que le bâtiment n’est pas bien situé, il est en plein cœur de la municipalité. On ne pouvait tout simplement pas nous permettre de le prendre», exprime le maire d’Atholville, Michel Soucy, qui ne voit pas cette vente d’un mauvais œil.

«Tant qu’à avoir un bâtiment vide, on aime aussi bien qu’il se trouve une seconde vie. Et si ça devient autre chose qu’un lieu de culte, ça signifie également un revenu foncier supplémentaire pour la municipalité, alors c’est intéressant pour nous», ajoute-t-il.

Pour ce qui est des paroissiens, le diocèse se penchera sur les différentes options disponibles pour maintenir le service. «Certains ont déjà opté pour les églises voisines de Campbellton ou Val-d’Amour. On va voir également s’il y a possibilité de se rassembler ailleurs dans le village même pour leur permettre de célébrer leur foi», souligne pour sa part Mgr Jodoin.