Caraquet: les trappes de la discorde

Les élus de Caraquet vont suspendre une poursuite contre un citoyen pour entreposage illégal de trappes de homard, le temps de revoir un arrêté municipal. Sa fille accuse le maire Kevin Haché d’utiliser l’argent des contribuables pour régler un dossier personnel.

Malgré la recommandation du comité d’urbanisme de la CSR-PA qui suggérait de laisser tomber les procédures de plainte, la Ville a décidé d’intenter une poursuite contre Wilfred Roger Richard pour avoir rangé ses casiers de homard pour l’hiver à proximité du boulevard Saint-Pierre Est.

Sa fille Patricia Richard se bat bec et ongles depuis plusieurs semaines afin de faire plier la municipalité.

Les conseillers ont mis en veilleuse les démarches judiciaires. Ils amorceront des pourparlers auprès des autorités compétentes afin d’ajuster son arrêté municipal concernant l’entreposage illégal et consulteront la population à ce sujet. On veut mieux encadrer l’étalement extérieur des équipements de pêche pendant la saison morte.

«Je pensais que cette histoire allait enfin mourir, mais c’est seulement une pause en attendant de recevoir un coup de deux par quatre derrière la tête. Kevin Haché (NDLR: le maire est l’un des voisins éloignés du terrain sur lequel sont placées les trappes) utilise la Ville de Caraquet à ses fins personnelles. J’irai jusqu’en Cour suprême s’il le faut; jamais je ne donnerai raison à la Ville», a fulminé Mme Richard au sortir de la réunion.

Le maire se défend bien de telles allégations. Photo à l’appui – qui montre les trappes empilées à une quinzaine de mètres du boulevard -, il soutient que la municipalité est dans son droit, mais il admet également qu’il est nécessaire de modifier l’arrêté afin de le rendre davantage conforme aux besoins des pêcheurs. L’élu ajoute que les droits acquis seront respectés dans le processus.

«Certains croient qu’en étant une communauté de pêche, on peut placer les trappes partout. D’autres ne veulent pas voir ça à côté de leur maison. Il y a un règlement en place. C’est de savoir où la liberté de l’un commence et l’autre finit», a indiqué M. Haché.