L’Assemblée législative se dirige vers une impasse

L’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick se dirige tout droit vers une impasse avant même la présentation du discours du Trône.

Les quatre partis politiques ont confirmé jeudi que l’ensemble des députés éligibles au poste de président de l’Assemblée avaient retiré leur nom du scrutin qui doit avoir lieu mardi.

La présentation du discours du Trône ou toute autre activité législative ne peut avoir lieu avant l’élection d’un président.

La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Jocelyne Roy Vienneau, pourrait avoir à intervenir si les députés sont incapables de se choisir un président.

Le whip du Parti progressiste-conservateur, le député Ted Flemming, a lui-même livré au greffier de l’Assemblée les formulaires des élus de son parti indiquant qu’ils ne souhaitaient pas être candidats à la présidence.

«Si dès le premier jour (le premier ministre Brian Gallant) n’arrive même pas à trouver une personne sur quarante-neuf pour devenir président, comment va-t-il réussir à faire adopter des projets de loi?», a lancé M. Flemming.

Le whip du Parti progressiste-conservateur, Ted Flemming. Photo: Mathieu Roy-Comeau.

Les chefs du Parti vert et de l’Alliance des gens, David Coon et Kris Austin, ont envoyé le même signal.

«Aucun d’entre nous n’a le goût de devenir président», a confié M. Coon. «Les nouveaux députés veulent être des députés, s’activer en chambre et représenter leur circonscription comme je tiens à le faire aussi.»

«Nous avons seulement trois sièges à l’Assemblée, nous ne voulons pas réduire notre voix», a indiqué M. Austin.

Le député libéral Jean-Claude D’Amours a affirmé quant à lui que les députés libéraux ont retiré leur nom du scrutin parce qu’ils estiment que c’est à l’opposition de faire preuve de «collaboration» en contexte minoritaire.

«Nous voulons que l’Assemblée législative puisse bien fonctionner et il faut que chaque parti puisse faire sa part. Actuellement, c’est assez unidirectionnel. Le Parti conservateur n’a aucun désir (de collaborer)», a-t-il dit.

Le président de l’Assemblée est généralement un membre du parti au pouvoir, mais il ne s’agit pas d’une règle absolue.

Lors des élections du 24 septembre, le gouvernement libéral a perdu sa majorité en faisant élire seulement 21 députés contre 22 pour le Parti progressiste-conservateur et trois chacun pour le Parti vert et l’Alliance.

Le président de l’Assemblée a seulement le droit de vote en cas d’égalité entre les partis.

En théorie, la lieutenante-gouverneure pourrait demander aux élus de continuer à essayer de trouver un président parmi eux ou proposer au chef de l’opposition, Blaine Higgs, de tenter de former un gouvernement.

Elle pourrait également dissoudre l’Assemblée législative et convoquer à nouveau les citoyens aux urnes.

Dans une brève déclaration rendue publique plus tôt cette semaine, Tim Richardson, le secrétaire principal de la lieutenante-gouverneure, a révélé qu’elle avait clairement rappelé aux dirigeants leurs responsabilités, dont l’élection d’un président de l’Assemblée législative.

Selon son porte-parole, la lieutenante-gouverneure a dit au premier ministre Brian Gallant et à tous les autres dirigeants de partis «qu’une autre élection provinciale ne serait pas dans l’intérêt supérieur des Néo-Brunswickois».

Les députés doivent notamment élire un président à l’Assemblée législative, et «la lieutenante-gouverneure connaît sa responsabilité constitutionnelle si les députés ne peuvent pas prendre de décision», a ajouté M. Richardson.

Le Parti libéral garde toutefois espoir que l’un des députés de l’opposition changera d’avis d’ici au scrutin et retournera voir le greffier de l’Assemblée législative pour retirer son formulaire de désistement.

Le député libéral d’Edmundston-Madawaska-Centre, Jean-Claude D’Amours. Photo: Mathieu Roy-Comeau

Selon Jean-Claude D’Amours, il est «clair» que certains députés de l’opposition ont été «forcés» de renoncer à la présidence par leur chef.

«Certains députés pourraient devenir silencieux et lorsque ça sera le temps, ils pourraient soumettre leurs noms d’ici à la fin de la journée, lundi.»

Le règlement de l’Assemblée législative prévoit que les députés ont jusqu’à 17 h la journée précédant le vote pour retirer officiellement leur nom du scrutin. Tous ceux qui n’ont pas retiré leur nom pourraient se retrouver président.

M. D’Amours n’a pas complètement écarté la possibilité que le Parti libéral finisse par proposer un président si aucun député de l’opposition ne finit par céder.

«Nous ferons l’évaluation en temps et lieu lorsque nous arriverons à lundi soir, mais pour l’instant il faut quand même demeurer dans l’optique qu’un député de l’opposition devrait soumettre son nom.»

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, a déjà indiqué que son caucus présenterait un candidat au poste de président si sa formation politique était appelée à présenter un discours du trône en vue de former le gouvernement.