Culture de cannabis: une première cohorte de diplômés à Campbellton

Les premiers étudiants du programme francophone de Culture de cannabis élaboré par le Collège communautaire de Campbellton sont maintenant prêts à faire le saut sur le marché du travail.

Décidément, c’est une semaine de grandes premières dans le domaine du cannabis au Canada, mais aussi au Restigouche.

Après la légalisation de cette drogue douce mercredi, voilà que l’on assiste, deux jours plus tard, à la remise des diplômes de la première cohorte du programme de Culture de cannabis offert dans l’enceinte du CCNB-Campbellton.

Il s’agit d’ailleurs du premier programme francophone du genre offert au pays (une version anglophone ayant été offerte l’année dernière à Dieppe).

«On n’a pas choisi de faire cette remise de diplôme en fonction de l’actualité, mais on doit avouer que le timing est excellent», a souligné avec raison Steve Godin, directeur par intérim de l’établissement.

Car il faut le reconnaître, le cannabis est sur toute les lèvres depuis quelques jours et, fort à parier, dans bien des poumons également.

Pour cette première cohorte, 13 étudiants ont obtenu leur diplôme. Parmi ceux-ci, Tomy Connors, de Saint-Quentin. Avant même d’obtenir officiellement son certificat, celui-ci venait d’effectuer ses premiers quarts de travail chez son nouvel employeur, la succursale de Cannabis NB de Campbellton.

«Avec tout ce que j’ai appris dans mon cours à propos du cannabis, ça m’a donné excellente base pour travailler là et pouvoir conseiller les consommateurs», exprime-t-il, non sans une certaine fierté de figurer parmi les premiers diplômés de ce programme.

Choisi pour le discours des finissants, Roger Paulin a pour sa part eu une petite pensée pour le premier ministre du Canada, rien de moins.

«Il faut remercier Justin Trudeau pour cette journée», a lancé l’homme en riant, soulignant que c’est grâce à ce gouvernement qu’ils devront en bonne partie leurs futurs emplois.

Dans la salle, une femme suivait la cérémonie avec beaucoup d’intérêt. Rolande, de la région de Campbellton, faisait partie de ce groupe d’étudiants il y a quelques semaines. Elle a abandonné en cours de route, mais tenait à venir féliciter ses anciens collègues. Bien qu’elle n’ait pas complété le cours, cela ne l’a pas empêché de postuler pour la compagnie Zenabis. Et elle a obtenu un poste au niveau de la production (empaquetage, étiquetage).

«Et je suis très heureuse de mon emploi. C’est vraiment plaisant de travailler là. On est une belle gang», dit-elle.

D’ici quelques semaines, elle s’attend à ce que plusieurs visages du programme aboutissent également chez son employeur, ce que confirme l’enseignante du programme, Sophie Maugeais.

«Quelques-uns de nos étudiants ont déjà un emploi (dont deux chez Cannabis NB), mais la majorité postuleront bientôt, entre autres chez Zenabis. D’ailleurs, des représentants de cette entreprise étaient ici aujourd’hui (vendredi) pour leur rappeler qu’ils cherchaient des employés et espéraient avoir leur CV sur leur bureau très bientôt», indique l’enseignante.

Mais qu’a-t-elle enseigné au juste à ses étudiants au cours de ces 20 dernières semaines?

«On leur montrait les notions de base de l’horticulture, mais tout en étant axé sur cette plante, car chaque plante à ses particularités, le cannabis y compris. Il ne s’agit pas que de l’arroser et de la regarder pousser. Si on veut maximiser le produit (et le THC), gagner le plus de centimètres par jour, il faut travailler la plante de façon intelligente. C’est un art», dit-elle.

À noter que le CCNB-Campbellton offrira de nouveau cette formation à compter du 7 janvier. Le programme, qui comprend 15 places, affiche déjà complet.

Qui aurait crû?

Parmi les observateurs lors de cette remise des diplômes, on retrouvait – tout souriant – le maire d’Atholville, Michel Soucy. Il faut dire qu’avec tous les développements survenus cette semaine, il a effectivement toutes les raisons de sourire.

«Je discutais avec le responsable de Zenabis cette semaine et on s’est rappelé notre première rencontre où il nous a présenté le projet et demandé si ça avait des chances d’être bien accepté par la communauté. Cette rencontre a eu lieu presque jours pour jour il y a quatre ans à notre hôtel de ville. Et il s’en est passé des choses depuis, c’est incroyable», souligne-t-il.

Depuis cette date, l’usine Zenabis s’est implantée, a obtenu son permis de producteur et prévoit employer près de 150 personnes d’ici la fin de l’année. Tout ça sans compter les projets d’agrandissements dans l’air.

«Et cette semaine c’est la légalisation du cannabis – un moment historique – puis la remise des diplômes du programme de Culture du cannabis. C’est tout un bout de chemin qui a été parcouru en très peu de temps. Et je suis très optimiste pour l’avenir. Je crois que cette industrie va continuer de croître dans notre région, créer davantage d’emplois. Et ça, c’est exactement ce dont on a besoin», dit-il.