CSR Nord-Ouest: Saint-Quentin lorgne du côté du Restigouche

La Ville de Saint-Quentin pourrait-elle quitter la Commission de services régionaux du Nord-Ouest pour celle du Restigouche?

C’est une hypothèse sérieuse soulevée récemment par la mairesse de l’endroit, Nicole Somers, déçue du fonctionnement de la CSR Nord-Ouest.

L’un des nœuds du problème? La division entre les membres et le retrait de certains d’entre eux du département d’urbanisme. Ce qui engendre des coûts beaucoup plus importants pour ceux qui utilisent toujours ce service. Récemment, la CSR Nord-Ouest a d’ailleurs dû se départir de certains membres de son personnel pour cette raison.

Selon Mme Somers, la présence de trois commissions d’urbanisme différentes sur le territoire de la CSR Nord-Ouest n’est pas un modèle économiquement viable.

«On a des membres qui vont à gauche, d’autres à droite et ceux qui restent pris au centre se retrouvent à payer davantage pour les services. Ça n’aurait jamais dû être permis dès le départ. En fin de compte, tout ça nuit aux projets régionaux et à l’ambiance entre les partenaires autour de la table», indique Mme Somers qui craint que cette situation ne scinde en deux l’organisation.

«Si on doit en venir là, si on doit choisir un camp, on pense que l’on doit sérieusement inclure le Restigouche dans l’équation. On serait finalement peut-être beaucoup mieux desservi par celle-ci. Chose certaine, il y a une ouverture de notre côté à explorer cette avenue», poursuit la mairesse.

Lors de la création des CSR, la Ville de Saint-Quentin – à mi-chemin entre Edmundston et Campbellton – avait opté pour celle du Nord-Ouest. Cette décision, tout comme celle de Belledune qui avait décidé de joindre la CSR-Chaleur, avait grandement déplu aux membres de l’époque de la CSR-Restigouche, amputée de ses deux extrémités.

Mme Somers est consciente de cette réalité. Qu’à cela ne tienne, elle croit qu’avec ses 2200 résidents, sa ville demeure toujours très intéressante pour la CSR-Restigouche.

«Notre apport serait significatif et ça aiderait certainement aussi à quelques dossiers conjoints, comme le tourisme», indique-t-elle, promettant d’aborder la question rapidement avec son conseil afin de voir si ses membres sont à la même page qu’elle sur la question.

Comment reçoit-on cette information au Restigouche?

À la CSR-Restigouche, on avoue marcher sur des œufs pour le moment dans ce dossier. Si on trouve intéressant l’intérêt soudain de Saint-Quentin à rejoindre ses frontières, on ignore à quel point l’idée est solide et, surtout, on ne veut en aucun cas être l’initiateur d’une querelle avec la CSR voisine.

«La dernière chose que l’on souhaite, c’est que les gens du Nord-Ouest croient que l’on fait du lobbying derrière leur dos pour attirer Saint-Quentin chez nous, ce qui n’est pas le cas», assure Denis Savoie, président de la CSR-Restigouche.

«À ce moment-ci, nous n’avons même pas eu de discussions formelles sur ce sujet avec les gens de Saint-Quentin. Tout ce que l’on connaît de leurs intentions c’est ce qu’on a entendu par l’entremise des médias. Et nous, on préfère leur parler de vive voix d’abord pour savoir ce qui en est et pas le faire par l’entremise des médias», exprime-t-il.

Les membres de la CSR-Restigouche doivent se rencontrer jeudi pour la réunion publique mensuelle. M. Savoie assure qu’il discutera à huis clos de la situation avec ses homologues des autres municipalités.

«Je veux leur parler et voir ce qu’ils en pensent avant de commenter davantage. Car bien que je sois le président, il reste que je suis la voix du groupe et c’est important de bien refléter ce dernier. Personnellement, je trouve néanmoins l’idée intéressante c’est certain, car c’est ce qu’on a toujours souhaité. Mais on doit en parler d’abord», dit-il.