Période de questions et dialogue de sourds à Fredericton

L’opposition à Fredericton déplore l’immobilisme du gouvernement libéral alors que celui-ci l’accuse de tourner le dos à ses efforts de collaboration.

La première période de questions depuis les élections du 24 septembre ne passera probablement pas à l’histoire s’il n’en tient qu’aux partis d’opposition.

Ceux-ci ont accusé mercredi le premier ministre Brian Gallant d’agir comme s’il avait toujours la majorité à l’Assemblée législative en évitant de répondre à leurs questions.

«C’était vraiment une journée comme les autres. Encore une fois, je n’ai obtenu aucune réponse à mes questions», a déploré le chef de l’opposition officielle, le progressiste-conservateur Blaine Higgs.

«(M. Gallant) était encore très évasif. Je pensais que ça serait différent. Je pensais que nous aurions droit à plus de clarté, mais il n’y avait aucune réponse.»

Le député Kevin Arseneau du Parti vert, qui en était à sa première période de questions en carrière, a fait à peu près la même analyse.

«Ce que j’ai vu grandissant en suivant la politique, des politiciens qui ne répondaient pas aux questions et qui trouvaient toujours des moyens créatifs de ne rien dire», a-t-il lancé au premier ministre après une réponse qu’il a jugée décevante sur l’épandage du glyphosate.

«Je pense que si nous voulons faire les choses différemment, nous pourrions peut-être commencer par assumer nos convictions et répondre aux questions qui nous sont posées.»

Brian Gallant s’est bien défendu de ne pas offrir de véritables réponses aux questions de l’opposition.

«Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas aimé les réponses que nous n’avons pas répondu aux questions», a-t-il dit.

Les députés de l’opposition accusent notamment son gouvernement d’avoir été vague dans son discours du Trône en promettant beaucoup d’études et de consultations et peu de mesures concrètes. Ce que certains pourraient qualifie d’immobilisme est seulement de la prudence, a observé M. Gallant.

«Le message le plus important, c’est qu’il faut collaborer. Si j’étais arrivé en disant que nous allions faire ceci et cela de façon unilatérale, je pense que ça aurait été une erreur.»

À son avis, le chef de l’opposition officielle a cependant déjà prouvé qu’il ne souhaite pas vraiment collaborer, et ce, malgré l’absence d’un gouvernement majoritaire.

«Blaine Higgs n’a pas compris. Il nous dit qu’il faut agir unilatéralement sur des dossiers. Bien sûr il faut agir, mais il faut le faire en travaillant avec les autres partis politiques. Sinon, nous n’avons pas écouté les gens du Nouveau-Brunswick.»

Le chef du Parti progressiste-conservateur va présenter mardi sa réponse au discours du Trône du gouvernement libéral. L’ensemble des députés seront appelés à accorder ou non leur confiance au gouvernement le 2 novembre.