Une épicerie de Moncton fait la guerre aux déchets

Réutiliser, ne pas gaspiller et éviter à tout prix l’usage de plastique, tels sont les maîtres mots de l’épicerie Corn Crib, qui compte des boutiques bio à Moncton, à Dieppe et à Saint-Jean.

L’Acadie Nouvelle a visité cette épicerie peu conventionnelle, où l’on s’est donné pour mission de produire le moins de déchets possible en luttant contre le suremballage, qui reste la norme dans les grandes surfaces.

Ici, pas question de vendre des céréales contenues dans un sac et une boîte. Une grande partie des produits sont présentés en vrac: farine, riz, thé, semoule, légumineuses, Kombucha, épices, huiles et vinaigres, noix, beurre d’arachide…

Les clients sont encouragés à se servir de leurs propres contenants pour faire leurs emplettes. «On vient d’agrandir notre section vrac avec du savon à main, du savon à lessive, du savon à vaisselle et d’autres produits nettoyants. Lorsqu’un client arrive, on pèse son pot, il se sert et il paie pour la différence de poids», nous explique Geneviève Drisdelle, employée de longue date.

Chaque dimanche, le magasin offre même 10% de rabais aux clients qui apportent leur récipient avec eux.

La boutique propose de nombreuses solutions de rechange aux produits plastiques: pailles métalliques réutilisables, film alimentaire en cire d’abeille, sacs de coton produits localement, brosses à dents en bambou et bouteilles en inox.

Cela fait près de 40 ans que l’enseigne récupère des cartons d’emballages pour les oeufs et ne se sert que de sacs de plastique déjà utilisés qu’il collecte auprès de sa clientèle.

Chaque geste compte, Geneviève Drisdelle en est persuadée.

«Ce sont les petites choses bout à bout qui font une grosse différence. Si chaque personne se dit  »c’est pas grave, c’est juste un sac », ça s’accumule et on ne sait plus quoi en faire.»

Le Corn Crib invite aussi les consommateurs à faire don de leurs sacs réutilisables ou de se servir gratuitement de ceux laissés par d’autres pour éviter de se servir de sacs jetables.

«On en a toujours en surplus pour les gens qui oublient d’amener le leur», assure Geneviève Drisdelle.

Tout comme ses collègues, la jeune femme est favorable à une interdiction des sacs de plastique à travers la province. Les consommateurs finiraient par s’y habituer, croit-elle.

«Personne n’aime le changement. Il y a quelques années quand il fallait commencer à trier ses déchets c’était la fin du monde! Aujourd’hui, ce n’est plus un problème. Souvent, les gens ne font pas les gestes par paresse, parce qu’ils s’imaginent que c’est trop difficile. Mais on voit que la nouvelle génération est plus prête à changer ses habitudes.»