Le surf de véhicule: un passe-temps dangereux

Le surf de véhicule, communément appelé car surfing, peut entraîner des émotions fortes chez des gens à la recherche d’une dose intense d’adrénaline. Mais cette pratique peut aussi entraîner des blessures très sérieuses, voire la mort en cas de chute, sans oublier de possibles accusations graves pouvant mener à la prison pour le conducteur.

Un jeune homme âgé de 19 ans de Saint-Irénée, près de Tracadie, en a malheureusement fait l’expérience, en juillet, et il a payé de sa vie sa témérité.

Il se tenait debout, en compagnie d’un ami, sur le pare-chocs arrière d’un véhicule utilitaire sport dans l’ancien champ de tir, près de Pont-Lafrance.

Selon l’enquête toujours en cours de la GRC, une manoeuvre soudaine en zig zag du conducteur a provoqué la chute violente de la victime, qui est décédé le lendemain dans un hôpital de Moncton des suites de ses blessures.

L’autre surfeur a également été blessée dans cette tragédie.

Le conducteur, un homme âgé de 21 ans de Tracadie, devait comparaître devant la juge Yvette Finn en Cour provinciale de Tracadie mercredi. Cette procédure a été annulée à la demande de son avocat, Me Charles LeBlanc, puisque la GRC n’a toujours pas déposé d’accusations formelles dans ce dossier complexe, révèle le sergent Marc Beaupré, du Détachement du Nord-Est de la GRC.

«Ce dossier est traité, à toutes fins pratiques, au même titre qu’un dossier de meurtre ou de négligence criminelle ayant causé la mort. C’est pourquoi nous avons récemment demandé aux témoins de cet incident de se manifester afin de compléter notre enquête. Nous voulons soumettre au procureur de la Couronne un dossier complet», a indiqué le policier.

Le car surfing ne serait pas une pratique commune, selon l’agent de la paix. Ce qui est survenu en juillet est considéré comme étant un incident isolé, mais qui devrait donner une bonne frousse à ceux ou celles qui auraient envie d’imiter ce geste, espère le sergent Beaupré.

«Ça demeure un incident très grave que nous dénonçons parce que c’est un geste non calculé qui peut avoir des conséquences dramatiques. Même si ce sont des actions très populaires sur les réseaux sociaux et que les jeunes sont tentés de les imiter, il faut laisser ça aux cascadeurs. Ils sont payés pour ça et ils ont de la protection», rappelle-t-il.

Le Code criminel permet la mise en accusation si le surf de véhicule a causé des blessures ou la mort de quelqu’un. Les sanctions sont sévères: le contrevenant peut écoper d’une peine de 14 ans pour avoir causé des blessures ou la prison à perpétuité s’il y a mort d’homme.

À l’été 2009, alors que le phénomène prenait de l’ampleur dans les médias sociaux, trois jeunes ont perdu la vie de cette façon en autant de mois au Québec. Depuis, des accidents causant des blessures graves sont répertoriés chaque année au pays.