Shippagan soulagée: fin de la poursuite de 50 millions$

Une entente hors cour est survenue entre la Ville de Shippagan et la compagnie Daley Brothers, qui avait intenté une poursuite de 50 millions$ contre la municipalité à la suite des émeutes de 2003.

Dans une conférence de presse éclaire, la mairesse Anita Savoie Robichaud s’est dite «heureuse et soulagée» que les deux parties ont été en mesure de trouver un terrain d’entente.

«Les discussions étaient plutôt animées ces derniers temps. Finalement, on en est venu à une entente.»

«C’est un grand jour aujourd’hui pour la municipalité. Malgré le long processus, après 15 ans de négociation, nous sommes soulagés de vous apprendre que la poursuite suivant les émeutes est maintenant réglée et close».

Daley Brothers, une compagnie de Terre-Neuve et Labrador, poursuivait la municipalité pour négligence.

La capitale de la pêche commerciale du Nouveau-Brunswick évite un procès, qui devait avoir lieu en février 2019, et tourne la page une fois pour toutes sur ce sombre épisode.

Cette poursuite, et la menace de devoir payer un lourd dédommagement, pesaient sur les finances publiques et sur les efforts de développement économique.

«Cette poursuite avait, en effet, un impact sur le bon développement de la Ville», a indiqué la mairesse. Des dizaines de milliers de dollars avaient été mis de côté uniquement pour couvrir les honoraires d’avocat.

Le montant de l’entente restera confidentiel. Mais on sait que les assurances que détenait la Ville – d’une valeur de plus de 5 millions$ – permettront largement de couvrir les coûts. La municipalité ne déboursera pas un sou.

Il y a 15 ans, environ 250 personnes en colère de l’industrie du crabe ont pris d’assaut le quai de Shippagan. Un entrepôt et l’usine de transformation Daley Brothers ont été incendiés, tout comme quatre bateaux de crabe qui approvisionnaient cette usine et 150 casiers. L’annonce d’un plan de pêche autorisant un partage permanent avec les pêcheurs côtiers et amérindiens avait choqué les crabiers traditionnels et mis le feu aux poudres.

Plusieurs émeutiers ont fait face à la justice et ont reconnu leur culpabilité dans cette affaire.

Une poursuite est toujours en cours contre la GRC.