Le parcours atypique d’un restaurateur de Grand-Sault

Débarqué à Grand-Sault depuis l’île Maurice, à l’est de Madagascar, en juillet 2008, Nanda Yagambrum la lentement entamé une carrière de restaurateur. Un parcours parsemé de succès puisque cet ancien policier a remporté, la semaine dernière, le prix des Champions de la diversité culturelle dans la catégorie professionnelle du Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick.

M. Yagambrum est propriétaire du restaurant Trésors et délices depuis 2012. Il se spécialise dans la cuisine indienne.

Avant de se lancer en affaire, l’homme a fait connaître ses épices et ses variétés de la table au marché agricole de Grand-Sault.

«Les citoyens qui viennent à notre table connaissaient déjà les épices. La population a bien répondu lorsque nous avons fait des premiers tests.»

Le périple n’a pas été de tout repos pour la famille Yagambrum.

«En arrivant, j’ai cumulé les petits boulots. Ça n’a pas été facile en commençant. J’ai fait du bénévolat, j’ai dû créer un nouveau réseau.»

Par le biais du programme des travailleurs qualifiés, la famille a réussi à s’installer à 14 000 km de leur île d’origine.

Sa femme Vanessa, leurs enfants Angeli et Thivan ainsi que sa belle-soeur Roubina ont été des personnages clés dans la réussite de son restaurant. « Je les remercie pour leurs contributions au succès du restaurant», souligne-t-il.

Des gens accueillants

Dans son ancienne vie, l’homme a été policier pendant plus de 16 ans. Il a songé à retourner à l’université, mais cela aurait impliqué qu’il se sépare de sa famille.

«Je ne voulais pas imposer ça à ma famille», dit-il.

Il a donc opté pour un changement beaucoup plus drastique: déménager en compagnie de toute la petite famille dans le Nord du N.-B.

Si les premières années au Canada n’ont pas été de tout repos pour l’entrepreneur, l’intégration, elle, s’est faite naturellement.

M. Yagambrum avait entendu parler de la générosité et de la chaleur du Nord du Nouveau-Brunswick, mais le restaurateur l’a véritablement expérimenté sur place.

«C’est un ami qui nous a parlé du N.-B. en précisant que c’est une belle petite communauté chaleureuse. Je comprends précisément pourquoi compte tenu du bel accueil que j’ai reçu.»

Ses années dans les forces de l’ordre n’auront pas été vaines. Certaines compétences qu’il a acquises lui sont encore bien utiles dans le domaine de la restauration.

«La perfection est requise lorsque tu travailles comme policier et ce sont les mêmes bases que j’applique dans mon restaurant.»