Pétition: «Nous n’avons que des problèmes avec Medavie»

«On parle de la vie des gens ici, pas d’aller acheter une gomme balloune au magasin du coin!»

Robert Melanson en a plus qu’assez de l’actuel système de gestion d’Ambulance NB dans la province. Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick a choisi de prendre les grands moyens pour que ça change.

L’organisation a lancé, mardi matin, une pétition qui exhorte «humblement l’honorable Assemblée législative de demander au gouvernement de revoir, voire d’annuler tout contrat de gestion des services ambulanciers, paramédicaux et extra-muraux avec Medavie et d’offrir un service ambulancier de qualité dans toutes les régions du Nouveau-Brunswick».

«La pétitionnaire prie et ne cessera pas de prier. Mais nous aurons probablement besoin de plus d’une prière…», admet le porte-parole de la SANB, visiblement irrité par tout ce qui se passe avec ce service depuis sa gestion assurée par Medavie en 2007.

«Nous lançons cette pétition parce que ça n’a plus de bons sens. Il est inconcevable que 14 000 appels n’aient obtenu aucune réponse. Nous n’avons que des problèmes avec Medavie», indique-t-il.

Selon ses propos, le discours actuellement véhiculé par certains politiciens au sujet du bilinguisme requis dans le service ambulancier dévie des vrais problèmes.

«On tente toujours de mettre la faute sur les Acadiens, fulmine M. Melanson. Pourquoi la question de la langue n’est pas inscrite dans le curriculum vitae des cours de formation au CCNB? Le privé ne répond à rien ou nous dit seulement ce qu’il veut bien nous dire. Nous exigeons un retour des ambulances dans le service public, car ça appartient à tout le monde et c’est transparent.»

Coïncidence ou non, cette pétition est lancée alors que les critiques fusent de nouveau sur le temps d’intervention d’Ambulance NB concernant un incident survenu samedi à Haut-Lamèque.

M. Melanson n’a pas voulu utiliser ce nouveau drame pour alimenter la démarche publique de la SANB. C’est l’ensemble de tous ces événements, assure-t-il, en faisant référence aux nombreuses histoires de délais d’intervention dans le Restigouche et dans la Péninsule acadienne.

Il soutient que la pétition saura trouver rapidement une oreille attentive parce que les citoyens «sont écoeurés» de la situation actuelle.

«Pourquoi les régions francophones semblent plus durement affectées? On n’entend rien du côté anglophone! Par exemple, le programme extramural allait bien, mais le gouvernement l’a donné au privé. Que ce soit libéral ou conservateur, on s’en fout à Fredericton. Il faut arrêter ça maintenant. Nous voulons un retour au service public parce que c’est essentiel et nous voulons avoir notre mot à dire pour savoir ce qui se passe», dénonce le président de la SANB.

À Lamèque

À Lamèque, lieu du dernier épisode, les gens rencontrés au hasard trouvaient que la situation était assez complexe.

«Il n’y a pas qu’une chose à régler, il faut que ce soit réglé dans son entier. Je ne suis pas un expert, mais une ambulance devrait être stationnée dans les urgences. Quand elles partent pour des transferts de patients, il ne nous reste rien», a dit un homme.

«Les gens veulent des services d’une ville de 50 000 personnes. C’est déjà bon qu’on ait un hôpital», a commencé cet autre citoyen.

«Elles font attendre le monde et bien souvent, elles ne savent pas où elles vont. J’ai eu besoin d’une ambulance récemment et elle est passée trois fois devant la maison», déplore cette jeune femme.

«Je ne suis pas très satisfaite, a enchaîné une autre femme. Ç’a pris trop de temps pour l’accident du jeune homme.»

Le maire de Lamèque, Jules Haché, a refusé de commenter.