Gaz de schiste: les opposants rejettent l’approche régionale de Blaine Higgs

Les opposants à la fracturation hydraulique rejettent l’approche régionale du développement du gaz de schiste proposé par l’équipe de Blaine Higgs.

Le premier ministre désigné a affirmé à la radio de CBC de Fredericton, au début de la semaine, qu’il a l’intention d’aller de l’avant avec sa promesse voulant qu’il lève le moratoire sur le gaz de schiste dans les communautés qui le veulent.

Le député conservateur de Sussex-Fundy-St. Martins et ancien ministre des Ressources naturelles, Bruce Northrup, a affirmé qu’il souhaite que le processus législatif pour lever le moratoire sur le gaz de schiste des libéraux dans certaines régions soit entamé avant Noël.

Bien que M. Higgs ait assuré qu’il n’a pas l’intention d’imposer une levée du moratoire «sur n’importe quelle région ou personne que ce soit», les opposants sont catégoriques: ils militeront contre l’approche régionale.

«La pollution de l’air et de l’eau ne respectent pas les lignes tracées sur une carte. Elle va traverser plusieurs régions et avoir un impact sur des personnes à travers la province», affirme Jim Emberger, de l’Alliance anti gaz de schiste du Nouveau-Brunswick.

M. Emberger remet en question le fait que les gens de la région de Sussex sont pour le développement du gaz de schiste, même si certains politiciens et personnes d’affaires avancent qu’ils le sont. Selon lui, les résidents de plusieurs communautés rurales à l’extérieur des limites de la municipalité ont exprimé leur opposition.

«Il va y avoir des manifestations, peu importe où ils vont. Avant les dernières élections, un grand nombre de municipalités a appelé pour un moratoire, dont Sussex Corner (à la frontière sud-est de Sussex). Il y a aussi, entre autres, un groupe à Penobsquis, juste à l’est de Sussex, qui s’est toujours opposé.»

M. Emberger affirme qu’il est en communication avec d’autres membres de son alliance. Pour l’instant, ils attendent de voir quelle direction prendra l’équipe de M. Higgs avant de déterminer leurs prochaines actions.

Il maintient qu’il est absurde d’envisager le développement de nouvelles sources d’énergie fossiles à une époque où la communauté scientifique internationale sonne l’alarme face aux changements climatiques.

«Il y a deux semaines, un rapport (du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) a avancé que nous avons 12 ans pour réduire nos émissions de gaz de serre. On ne peut donc pas se permettre de développer de nouvelles sources d’énergie fossile. L’idée qu’on irait de l’avant avec un tel projet est pratiquement suicidaire.»

Il ajoute que le nombre d’études démontrant que le gaz de schiste est dangereux pour l’environnement et la santé publique ne cesse de croître, alors qu’il «n’y a toujours pas de preuve comme quoi c’est sécuritaire».

M. Northrup a affirmé à un journaliste de Brunswick News, mercredi, que le gaz de schiste a été exploité de façon sécuritaire par le passé. Il a aussi mentionné qu’il a aidé les États-Unis à atteindre des objectifs de réduction de gaz à effet de serre en permettant d’éliminer des carburants fossiles plus polluants.

Il avance aussi qu’avec la fin de deux productions de gaz naturel en mer, en Nouvelle-Écosse, une hausse des prix des produits pétroliers est prévue au Nouveau-Brunswick dans les prochaines années.

Le dossier du gaz de schiste a été explosif par moments au cours de la dernière demi-douzaine d’années. En 2013, les tensions ont été exacerbées près de Rexton, quand des manifestants ont incendié des voitures de patrouilles de la GRC.

Le gouvernement de Brian Gallant a imposé un moratoire sur le gaz de schiste dans la province. Cinq conditions ont été mises en place pour qu’il soit levé, dont l’acceptation sociale.