Cannabis NB pourrait devoir dire adieu à ses clients de Pointe-à-la-Croix

La municipalité de Pointe-à-la-Croix aimerait bien accueillir chez elle la toute première succursale de la Société québécoise du cannabis de la Gaspésie.

À l’heure actuelle, on ne retrouve qu’une douzaine de magasins de vente de cannabis en fonction dans l’ensemble du Québec. Et ce ne sont pas toutes les régions administratives qui comptent une succursale.

À preuve, on n’en retrouve aucune au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Outaouais ou sur la Côte-Nord… et aucune non plus en Gaspésie. La succursale québécoise la plus près des Gaspésiens est située à Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent.

Cet éloignement est notamment l’une des raisons qui fait que de nombreux consommateurs préfèrent traverser le pont interprovincial J-C Van Horne pour venir s’approvisionner à la succursale de Cannabis NB de Campbellton, une transaction tout ce qu’il y a de plus de légal. D’ailleurs, la proximité des consommateurs québécois ne serait pas étrangère aux succès notables de la succursale néo-brunswickoise.

S’il ne veut rien enlever à la province voisine, le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold, estime par contre tout à fait illogique qu’on ne retrouve aucune succursale de la SQDC sur le territoire gaspésien. Et s’il doit y en avoir une, il milite pour que celle-ci voie le jour dans sa communauté.

«Présentement, il y a un commerce intéressant qui se perd ici au profit du Nouveau-Brunswick. Je suis certain qu’on pourrait récupérer une bonne partie de la clientèle avec une succursale sur notre territoire», estime M. Bujold.

Selon lui, les consommateurs d’Amqui jusqu’à Bonaventure – sinon plus loin – pourraient certainement bénéficier d’une succursale québécoise à proximité.

«La SAQ de Pointe-à-la-Croix est la plus grosse de la Gaspésie, notamment en raison du volume d’achat de la population provenant du Nouveau-Brunswick. Juste à côté de nous, on retrouve les plus gros vendeurs de bières au Québec (commerçants de Listuguj). Et en plus, on est directement sur la route qui mène aux commerces du Nouveau-Brunswick. Compte tenu de toute cette activité économique, je crois qu’on a un potentiel d’attraction énorme, qu’il y a du mérite pour que la SQDC s’attarde à la faisabilité d’ouvrir une succursale chez nous lorsqu’elle sera en mode expansion», souligne-t-il.

Bujold ajoute au passage qu’il n’a absolument aucun problème moral à accueillir un tel commerce sur son territoire.

«C’est un commerce tout ce qu’il y a de plus légal et si les consommateurs ne viennent pas ici, ils iront ailleurs, alors aussi bien tirer parti de la situation et créer de l’emploi», dit-il.

La SQDC promet de graduellement ajouter des points de vente afin de répondre aux besoins du marché. L’emplacement des futures succursales demeure néanmoins à déterminer. Mais compte tenu des problèmes d’approvisionnement que connaissent actuellement presque tous les magasins de cannabis au pays, M. Bujold ne croit pas que la société d’État soit pressée d’ajouter de nouveaux points de vente.

«Je ne pense pas qu’on va se dépêcher d’ouvrir des magasins pour en laisser fermer la moitié, faute d’inventaire, ou d’avoir des étagères vides. Selon moi, on n’en verra pas d’autres avant un an, peut-être même plus. Et c’est tant mieux, car ça laissera un peu de temps pour préparer quelque chose localement», ajoute le maire.

Potentiel commercial

Outre une succursale de la SDQC, Pointe-à-la-Croix ne dirait pas non à quelques commerces de plus sur son territoire.

La Société d’aide au développement de la collectivité (secteur baie des Chaleurs) a récemment conduit une étude afin de vérifier les habitudes et les zones de consommations principales des citoyens de la baie des Chaleurs (portion québécoise).

«C’était certain que le Nouveau-Brunswick (Restigouche) allait ressortir fort. Durant la période des Fêtes, ce n’est pas rare de voir des autobus descendre de Gaspé pour aller y magasiner», explique-t-il.

Cela dit, certains aimeraient maintenant connaître les effets du phénomène opposé, à savoir à quelle fréquence et dans quel contexte les gens du nord du Nouveau-Brunswick font des achats du côté québécois de la baie des Chaleurs. Ces informations fourniraient un bon indicateur aux communautés sur le potentiel de développement.

«À Pointe-à-la-Croix, on a une agglomération d’environ 20 000 habitants. On sait que les gens traversent déjà ici du Nouveau-Brunswick pour faire certains achats (dont l’alcool bien entendu). Les gens viennent déjà, alors on peut certainement proposer davantage, surtout qu’on a l’espace pour le faire», estime le maire, pointant particulièrement du côté de la jonction du boulevard Interprovincial et de la route 132, le principal axe routier de la Gaspésie.