Lignes électriques souterraines: beaucoup trop dispendieux, selon Énergie NB

La tempête de vent de samedi a plongé près de 100 000 foyers dans le noir au Nouveau-Brunswick. Énergie NB affirme que ses poteaux ont tenu le coup. Ce sont les arbres, poussés par des rafales de plus de 100 km/h, qui sont tombés sur les lignes de transmission qui ont causé les pannes. Pourquoi alors ne pas enfouir ces lignes sous terre?

La réponse courte, selon la société d’État, est que la facture serait simplement trop élevée pour les clients comme pour Énergie NB.

«C’est dix fois plus dispendieux d’avoir des lignes enfouies sous terre et en tant que fournisseur de service, ces coûts sont couverts par les frais. Certains clients diront que c’est une meilleure approche, mais ça voudrait dire des frais plus élevés (pour les clients», a expliqué Lyne Arsenault, vice-présidente au service à la clientèle d’Énergie NB.

Dix fois plus cher, ça veut dire combien exactement? Et bien, le coût d’installation d’une ligne de transmission est de 50 000$ le kilomètre. Un petit calcul de mathématiques permet de comprendre qu’installer un kilomètre de ligne sous-terre coûte un demi-million de dollars à la société d’État.

Au Nouveau-Brunswick on compte plus de 21 000 km de ligne de distribution et plus de 7000 km de ligne de transmission. La province est vaste et la population – peu nombreuse – est répartie aux quatre coins du territoire.

La situation néo-brunswickoise est particulière comparativement au Québec ou l’Ontario, par exemple, où les grandes villes sont beaucoup plus populeuses que toute notre province.

«On ne sait même pas le coût total parce que ce n’est pas quelque chose qu’on peut même penser à faire parce que la province est si grande et les gens sont si éloignés avec autant de lignes électriques. Ce serait absolument impossible de payer pour ça», a expliqué Marc Belliveau, porte-parole d’Énergie NB.

En plus d’être plus dispendieuses, les lignes enfouies sont plus difficiles à réparer lorsque c’est nécessaire. En zone inondable, dans une province côtière comme le Nouveau-Brunswick, les risques sont encore plus élevés.

«Les lignes sous terre, près des zones côtières, sont très difficiles à réparer en cas d’inondation. Aux États-Unis, lors de la tempête Sandy, sur le bord de la côte, c’était l’un de leurs plus gros problèmes», a-t-il souligné.

Énergie NB décide tout de même d’enfouir des lignes électriques à des endroits stratégiques, près des aéroports ou encore quand il n’a tout simplement pas de place pour installer un poteau. Dans les centres urbains de la province, certains quartiers ont des lignes sous-terre, mais ce n’est pas Énergie NB qui paie pour l’enfouissement.

«La raison pour laquelle on voit des câbles sous terrain à certains endroits, comme à Dieppe par exemple, c’est parce que des développeurs du secteur privé paient pour le faire. Ils attachent ce coût-là au prix des maisons qu’ils vendent parce qu’il y a des gens qui ne veulent pas avoir des poteaux et des lignes devant leur maison. Mais ce n’est pas nous qui payons», précise M. Belliveau.

Jeudi matin, 99% des clients d’Énergie NB avaient été rebranchés, cinq jours après la tempête. Il y avait toujours plus de 1300 abonnés du sud de la province sans électricité peu après 11h.