Péninsule acadienne: le niveau moyen de la mer pourrait augmenter de 70 cm

Des communautés de la Péninsule acadienne se préparent aux éventuelles conséquences des changements climatiques. Au cours des prochaines semaines, des rencontres publiques auront lieu dans quatre municipalités: Shippagan, Sainte-Marie-Saint-Raphaël, Tracadie et Bas-Caraquet. Le tout afin de présenter des plans d’adaptation à la population.

Plusieurs municipalités de la Péninsule acadienne travaillent en collaboration depuis une dizaine d’années avec plusieurs partenaires, dont l’Institut de recherche sur les zones côtières, qui a lancé le projet Adaptation PA.

Une première rencontre publique a eu lieu en début de semaine à Shippagan. Une vingtaine de citoyens y ont participé.

Selon Mélanie Aubé, chercheuse à l’IRZC et coordinatrice du projet Adaptation PA, Shippagan fait face à d’importants risques d’inondation et d’érosion. Les problèmes seront aggravés par les changements climatiques, mais à Shippagan, ce sont surtout les risques d’inondations qui préoccupent, car le territoire est relativement plat et densément construit.

D’après les projections de l’IRZC, le niveau moyen de la mer pourrait augmenter d’environ 70 cm, d’ici 2100, dans la Péninsule acadienne. Cela ne veut pas dire que les municipalités seront submergées en permanence sous l’eau, mais que les dégâts seront plus importants lors de marées de tempêtes.

Le conseil municipal a déjà envisagé plusieurs mesures pour s’adapter. Les élus ont donné le feu vert à des nouveaux règlements de zonage en 2016. Des zones de retrait où aucune nouvelle construction ne sera permise basée sur les risques d’érosion ont été établies. Dans d’autres secteurs, le premier étage de nouvelles constructions devra être situé au-dessus du niveau d’inondation.

«On veut protéger nos infrastructures. On est conscient qu’ils risquent de se trouver sous l’eau en cas d’inondation. C’est pour ça qu’on juge qu’il est important d’avoir un plan», explique Anita Savoie Robichaud, maire de Shippagan.

La Ville entend également contacter les propriétaires, les résidents et les gestionnaires d’infrastructures qui se trouvent dans les zones à risque. L’objectif est de leur proposer des moyens qu’ils peuvent utiliser pour limiter les conséquences.

La municipalité veut aussi collaborer avec les DSL environnants en développant un plan de mesures d’urgence. Elle veut se doter d’un système d’alerte pour avertir la population dans les zones à risque lorsqu’un avis d’onde de tempête est émis par Environnement Canada.

La municipalité tient aussi à s’assurer que les résidences pour personnes à besoins spéciaux, les institutions, les usines et l’administration portuaire adoptent leur propre plan de mesures d’urgence.

Une deuxième rencontre aura lieu le 13 novembre au Centre des congrès de la Péninsule acadienne à Shippagan.

Les citoyens de Sainte-Marie-Saint-Raphaël pourront en apprendre davantage sur les mesures prévues dans leur municipalité lors d’une rencontre le 14 novembre à 18h30 dans l’édifice municipal. À Bas-Caraquet, la rencontre doit avoir lieu au début décembre.

Quatre rencontres sont prévues à Tracadie, soit le 19 novembre au Marché Centre-Ville, le 20 novembre au Centre communautaire de Val-Comeau, le 22 novembre dans la Salle paroissiale de Brantville et le 27 novembre au Centre communautaire de Sainte-Rose. Elles commencent toutes à 18h30.

Les citoyens sont aussi invités à répondre à un questionnaire disponible sur le site Internet de leur municipalité.