Les problèmes financiers sont de plus en plus courants chez les aînés

Le nombre de personnes âgées insolvables a plus que doublé en neuf ans au Canada. Une spécialiste dans le domaine au Nouveau-Brunswick lance un cri d’alarme et demande aux travailleurs de mieux se préparer à la retraite.

Le nombre de personnes insolvables âgées de 65 ans et plus au Canada est passé de 6600 en 2007 à 14 000 en 2016 selon le Bureau sur surintendant des faillites du Canada. De plus, la dette de consommation des aînés a augmenté de 2,8% en 2018 d’après Equifax. Le taux d’entre eux qui ne sont plus en mesure de payer leurs dettes a grimpé de 4%.

Sarah Morrison, syndique pour Grant Thornton au Nouveau-Brunswick, explique cette situation par un accès trop facile au crédit. Elle le remarque chaque jour lorsque des gens viennent à son bureau pour trouver une solution à leur endettement.

«Je pense que pour les personnes âgées, dans le temps, dans les années 1970 et 1980, c’était vraiment difficile d’avoir du crédit. Ce n’était pas aussi facile qu’aujourd’hui. Maintenant, ils vont magasiner au Wal-Mart et au Canadian Tire et ils donnent les cartes de crédit l’une après l’autre. J’en ai même vu avec trois différentes cartes de crédit pour Canadian Tire», s’exclame la spécialiste.

En moyenne, les aînés ont une dette de 16 000$. Il s’agit du groupe d’âge le moins endetté, mais celui où le taux d’endettement augmente le plus rapidement.

«Je trouve que c’est surtout lié à une mauvaise planification. Ils n’ont pas assez d’argent lorsqu’ils prennent leur retraite. Ils pensent qu’ils vont travailler jusqu’à 70 ou 75 ans. Finalement, lorsqu’ils arrivent à 60 ans, ils ne sont plus capables de travailler comme avant.»

À la retraite, souvent les revenus diminuent, mais le style de vie et les dépenses restent les mêmes. Donc, pour faire la différence, ils utilisent les cartes de crédit, selon Mme Morrison.

«Ça affecte tout dans leur vie, même leur santé. Ce que j’entends souvent, c’est qu’ils ne peuvent pas croire qu’ils se sont rendus au point de faire faillite.»

Une personne seule à la retraite peut se retrouver à vivre avec aussi peu que 1400$ par mois. Avec le loyer, l’épicerie et la voiture, il ne reste plus rien pour payer les dettes. Il faut donc commencer à planifier sa retraite le plus tôt possible. D’après la spécialiste, il ne suffit que de commencer à mettre un 50$ par paie dans un RÉER.

«Il faut planifier le plus tôt possible. Ça n’a pas besoin d’être un gros montant.»

Il est donc important d’agir rapidement selon Mme Morrison puisque les taux d’intérêt augmentent et le coût de la vie aussi. Dans les derniers mois, la Banque du Canada a fait passer le taux directeur de 0,25% à 1,75%, et d’autres hausses sont à prévoir. Cela fait augmenter les coûts d’emprunt.