Le départ de deux médecins pourrait sonner le glas de l’urgence de Caraquet

Y a-t-il urgence à l’urgence de Caraquet? À en écouter les propos du maire Kevin Haché, il semblerait bien que oui. Le départ attendu de deux médecins, et peut-être trois, à la fin de l’année pourrait provoquer la fermeture de quarts de travail de ce service à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, craint-il ouvertement.

C’est pourquoi les élus de la Ville exigent une rencontre dans les plus brefs délais avec le nouveau ministre de la Santé, Ted Flemming, et la haute direction du Réseau de santé Vitalité.

Le 1er janvier 2019 arrive vite et le maire croit qu’il n’y a pas une minute à perdre. Il veut absolument éviter une nouvelle crise de la santé dans la communauté. Comme ç’a été le cas en 2004 quand le gouvernement Lord avait décidé de fermer le centre hospitalier dans son projet de réforme controversé.

Cet été, le ministre libéral de la Santé Benoît Bourque avait garanti à la Ville le maintien de l’urgence jusqu’à la fin de la présente année.

«J’ai ouï-dire que nous allons perdre deux médecins à la fin de décembre. Si nous les perdons, notre urgence à Caraquet va vivre sous le respirateur artificiel parce que nous devrons alors engager des médecins d’ailleurs. Aurons-nous encore une urgence 24 heures sur 24 le 1er janvier? On se pose la question. C’est pourquoi nous voulons parler rapidement avec le nouveau ministre de la Santé et le Réseau Vitalité afin de connaître leurs plans», a indiqué M. Haché.

Avec tout ce qui se passe actuellement dans le milieu de la santé dans le nord de la province – dont notamment le manque d’infirmières qualifiées pour l’obstétrique à Bathurst -, le maire affirme que l’inquiétude au sujet du maintien de l’urgence à Caraquet est bien réelle.

«Nous avons déjà vécu des fermetures temporaires par manque de médecins. Va-t-on revenir à ça? Je suis convaincu que oui, à moins de faire du recrutement très rapidement, car faire venir des médecins de l’extérieur pour combler des quarts de travail à l’urgence coûte très cher à notre système de santé. C’est pourquoi notre conseil municipal prend cette situation vraiment au sérieux», a-t-il renforcé.

Il y a quelques années, la Ville de Caraquet et divers partenaires de la communauté s’étaient ralliés pour financer un boni de salaire aux médecins intéressés à venir pratiquer et assurer le service d’urgence pour au moins deux ans. M. Haché n’exclut pas la possibilité de ramener cette stratégie, à condition cependant que les autres municipalités du Grand Caraquet participent financièrement.

«Nous avons été très chanceux d’avoir eu des médecins qui se sont donnés corps et âme pour assurer l’urgence à Caraquet, mais ils n’ont pas eu d’aide. Ils ont porté le poids d’une charge de travail de plus en plus lourde sur leurs épaules et, à un moment donné, ça devient trop pesant et ils partent. On ne peut les blâmer. Ils ont fait du mieux qu’ils ont pu, mais on doit aller leur chercher de l’aide. Car nos craintes sont fondées», reprend le premier élu.