Tracadie: Embou Productions aurait envoyé une mise en demeure au maire

Alors qu’il tente de négocier une nouvelle entente avec la Municipalité régionale de Tracadie, le promoteur Embou Productions aurait envoyé une mise en demeure au maire Denis Losier en mai 2018.

Le maire Losier a lâché cette bombe lundi soir lors de la réunion ordinaire du conseil municipal de Tracadie.

Embou Productions s’était entendu avec la municipalité en 2016 pour organiser des mégaspectacles dans la région jusqu’à l’été 2018. Une controverse entourant l’entente a atteint son apogée en février lorsque Denis Losier a remis à la GRC le contrat liant l’entreprise à la municipalité.

Dans le contrat de 2016, il était indiqué qu’Embou s’engageait à remettre 75 billets gratuits par spectacle aux élus. M. Losier a déploré cette pratique et considérait qu’il s’agissait d’une tentative d’influencer des membres du conseil.

Dans la foulée de cette saga, les avocats d’Embou Productions envoyé une mise en demeure au maire, en mai 2018.

«J’ai de la difficulté à garder mon calme. Comment peut-on faire une entente avec une entreprise qui a menacé le maire de poursuite? On essaie de me faire taire parce que j’ai voulu m’assurer que la municipalité suive les normes et les règles.»

Le maire Losier n’a pas dévoilé le contenu de la lettre qu’il a reçu.

Le directeur artistique d’Embou Productions dans la Péninsule acadienne, André Saulnier, a remis sa démission à titre de conseiller de Tracadie au début d’octobre, prétextant que «plus rien ne fonctionnait à la municipalité».

M. Saulnier a longtemps été un des plus grands critique du maire Losier au sein du conseil municipal, ayant maintes fois exprimé ses inquiétudes face aux coûts entraînés (environ 410 000$) par l’embauche d’une firme spécialisée afin de redresser les finances de la municipalité.

Pourparlers avec la municipalité

Malgré cette situation, Embou Productions serait toujours intéressée à présenter sept spectacles à Tracadie par été. L’entreprise de Shediac a même proposé de créer un nouveau festival qui remplacerait l’Aquafête, peut-on lire dans le procès verbal d’une récente réunion plénière.

Lors d’une rencontre, l’entreprise aurait fait part de sa volonté d’acquérir ou de louer un terrain et de déménager le grand chapiteau qui se trouve actuellement à l’arrière de l’édifice de Services Tracadie, dans le secteur de Sheila.

Selon Daniel Hachey, directeur général de Tracadie, bien que le chapiteau appartient à la municipalité, une entente signée avec la Société de développement régional du Nouveau-Brunswick ne permet pas à la municipalité de vendre ce bien tant qu’elle n’en a pas remboursé la dette, qui s’élève à environ 300 000$.

D’autre part, le bâtiment de Services Tracadie engendre des pertes annuelles de 90 000 $ à 110 000 $, ajoute Daniel Hachey.

«La municipalité a émis une résolution pour s’en départir, mais c’est impossible avec le chapiteau. Maintenant, est-ce que le conseil est prêt à accepter une entente avec un entrepreneur pour qu’il ait 6 à 7 spectacles par année?»

Selon le maire Losier, il reste encore plusieurs étapes à franchir avant de trouver un terrain d’entente avec un promoteur de spectacles.

«Il n’y a rien qui a été proposé au conseil formellement. Souvent, quand des entreprises veulent faire affaire avec la municipalité, elles viennent nous voir pour essayer de vendre leur salade.»

Denis Losier croit que le conseil profitera des prochains mois pour évaluer des propositions d’autres promoteurs.

«Nous avons un organisme à but non lucratif ici, la Société culturelle des Tracadilles, qui organise des spectacles à longueur d’année. Il y a aussi Jorganise avec Denise McLaughlin qui le fait, pour en nommer quelques-uns. Il va falloir étudier la question avant de se positionner. Est-ce qu’il y a seulement cette entreprise (Embou) qui est en mesure de le faire?»

Embou Productions n’a pas donné de suite à notre demande d’entrevue.