Brian Gallant fait ses adieux

L’ancien premier ministre Brian Gallant a fait ses adieux anticipés à l’Assemblée législative, jeudi, en compagnie de son épouse.

M. Gallant a annoncé officiellement qu’il quittera la chefferie de son parti dès que les libéraux se seront choisi un nouveau chef lors d’un congrès à la direction.

«Ç’a été l’une des décisions les plus difficiles que j’ai jamais eu à prendre», a-t-il déclaré.

«Ç’a été un grand honneur d’avoir la chance de servir à titre de premier ministre et de chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.»

«Une course à la direction va donner la chance au parti d’avoir un nécessaire débat d’idées sur la meilleure façon de continuer à faire avancer le Nouveau-Brunswick.»

Brian Gallant n’a pas voulu trop s’étendre sur le profil idéal du ou de la prochaine chef du Parti libéral, sauf pour dire qu’il ou elle devrait être «progressiste», en plus de démontrer une véritable volonté d’apprendre les deux langues officielles de la province si il ou elle n’est pas déjà bilingue.

En plus de demeurer chef de l’opposition officielle jusqu’à ce qu’on lui choisisse un successeur, Brian Gallant a annoncé son intention de partir en tournée dans la province pour «sensibiliser les gens» aux avantages du bilinguisme et «déboulonner publiquement certains mythes».

«Je pense que plus les gens connaîtront les faits, mieux ils seront informés pour avoir cette importante discussion que nous allons clairement avoir en tant que province. Je pense que la composition de l’Assemblée législative prouve que nous allons avoir cette conversation d’une façon ou d’une autre.»

M. Gallant entend rester député de Baie-de-Shediac-Dieppe après l’élection d’un nouveau chef, à moins que celui-ci lui demande de quitter son siège.

Le directeur général du Parti libéral, Keiller Zed, a indiqué jeudi que le conseil d’administration du parti allait se réunir à Fredericton le 1er décembre pour discuter de l’organisation d’un congrès à la direction.

Au sujet de ses quatre années à la tête du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a admis que son gouvernement n’avait pas été «parfait», mais qu’il avait été «un bon gouvernement».

«Je suis fier de dire que je laisse la province dans un meilleur état que lorsque je suis devenu premier ministre.»

Le gouvernement libéral a perdu la confiance de l’Assemblée législative, le 2 novembre, après avoir perdu sa majorité lors des élections du 24 septembre.

Brian Gallant a tenu à souligner que sa défaite n’était pas totale puisque c’est son parti qui a remporté le plus de voix lors du scrutin, devant le Parti progressiste-conservateur qui a fait élire un député de plus que les libéraux.

«Depuis six ans, le Parti libéral a remporté le vote populaire lors de deux élections consécutives; du jamais vu pour le parti depuis Frank McKenna», a-t-il dit.

Les députés libéraux avec qui s’est entretenu le journal après l’annonce de M. Gallant ont tous indiqué qu’ils respectaient la décision de leur chef.

«Je suis satisfaite de ce qui a été annoncé. Je pense vraiment qu’il a fait beaucoup pour le Nouveau-Brunswick et je n’arrive pas à imaginer quelqu’un qui à travailler plus fort que lui», a confié la députée de Moncton-Sud et ex-ministre des Finances, Cathy Rogers.

La nouvelle députée de Caraquet, Isabelle Thériault, a elle aussi salué l’éthique de travail de Brian Gallant.

«C’est quelqu’un qui est un bourreau de travail et qui a mis la main à la pâte. Je suis fier de ce qu’il a accompli. Brian Gallant, c’est un jeune acadien qui m’a donné le goût de me lancer en politique.»

Le député et ancien ministre Denis Landry, le doyen du caucus libéral, a mentionné qu’il se souviendrait surtout du passage de Brian Gallant à la tête de la province pour ses politiques sociales comme le programme de gratuité des droits de scolarité pour les familles modestes.

«J’ai annoncé toutes sortes de choses (durant ma carrière), mais pour moi la scolarité gratuite c’était la plus belle annonce que nous n’aurions jamais pu faire comme parti», a soutenu le représentant de Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore.

M. Landry a toutefois émis un bémol au sujet de l’ancien premier ministre; à son avis, le prochain chef du Parti libéral devra être «plus proche des gens» et prendre davantage le temps de «connecter» avec eux pour remporter les élections.

«Ce sont des choses que les gens m’ont (confié) durant les derniers quatre ans. Ce qu’ils reprochaient à notre premier ministre, c’est qu’il n’était pas nécessairement proche des gens.»