«L’immigration est une plus-value pour la province»

Originaire du Maroc, Moncef Lakouas est arrivé au Nouveau-Brunswick en tant qu’étudiant international à l’Université de Moncton en 2004. Aujourd’hui, il préside le conseil multiculturel de la province, qui réclame une meilleure stratégie en matière d’immigration.

Le Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick (CMNB) veut rencontrer le nouveau gouvernement de Blaine Higgs le plus tôt possible afin de discuter de stratégie.

Le temps presse selon M. Lakouas. Au cours des dix prochaines années, il y aura 110 000 départs à la retraite et les écoles publiques de la province ne fourniront que 76 000 diplômés. Si le manque de main-d’œuvre se fait déjà sentir au Nouveau-Brunswick, la pression sur les employeurs sera encore plus grande.

Le conseil croit qu’il est temps de revoir et d’améliorer la stratégie afin d’attirer plus de nouveaux arrivants.

«Je trouve que les initiatives qui sont en place fonctionnent assez bien, mais on devrait en faire un peu plus puisque la conjoncture économique et démographique fait en sorte que le nombre d’immigrants qui entre n’est tout simplement pas suffisant. C’est pour ça qu’on demande au gouvernement de s’asseoir avec nous pour développer une stratégie qui a du sens», a expliqué M. Lakouas à l’Acadie Nouvelle.

En 2017, la province a accueilli 4100 nouveaux arrivants. De 2013 à 2017, seulement 3100 immigrants ont intégré le marché du travail, selon un rapport du CMNB. Il faut faire mieux d’après l’organisme. La cible devrait être équivalente à 1% de la population de la province, soit 7500 nouveaux arrivants par années.

«L’immigration est d’abord une question économique. Les immigrants vont se retrouver où ils pensent qu’il y a le plus d’opportunités économiques pour eux. Le Nouveau-Brunswick a énormément à offrir, que ce soit en matière de qualité de vie, de tranquillité, de sécurités et au niveau des ressources naturelles qui peuvent être développées. Du côté économique, il faut des améliorations, bien évidemment. Par exemple, certains diplômes ne sont pas reconnus alors que dans d’autres provinces, ils le sont.»

Moncef Lakouas est l’un de ceux qui ont décidé de faire du Nouveau-Brunswick sa terre d’accueil. Pourquoi avoir décidé de rester ici plutôt que dans un grand centre comme Montréal?

«Cette province a tellement de potentiel. J’ai eu la chance de vivre au Québec et ailleurs au pays. Le Nouveau-Brunswick a tellement de potentiel humain, mais aussi du potentiel économique qui ne demande qu’à être développé. Si on le fait ensemble, d’une manière plus stratégique, on va y arriver.»

Il faut aussi, selon lui, démystifier les nouveaux arrivants. Il faut les inciter à rester au Nouveau-Brunswick.

«Les gens doivent comprendre que l’immigration est une plus-value pour la province et non pas une menace. Ce ne sont pas des gens qui viennent pour, permettez-moi l’expression, voler des jobs. Ce sont des gens qui veulent contribuer à la prospérité de cette province avec l’énergie qu’ils ont.»

Le CMNB compte également miser sur l’immigration francophone pour s’assurer que la communauté francophone puisse continuer à s’épanouir.