Conseil économique du N.-B.: une firme de Dieppe couronnée entreprise de l’année

Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick a remis le prix de l’Entreprise de l’année 2018 à Nanoptix, basée à Dieppe. Portrait d’une entreprise dynamique tournée vers l’international.

Plutôt méconnue, Nanoptix a créé la surprise samedi soir à Moncton lors du banquet annuel du CÉNB. L’entreprise spécialisée dans la conception, la fabrication et la vente d’imprimantes de machines à sous, a reçu la distinction du réseau d’affaires francophone.

Depuis ses installations sur la rue Champlain, Nanoptix imagine et assemble des machines qui impriment des billets et des reçus dans les casinos aux quatre coins de la planète. Ses produits sont expédiés à des fabricants de machines à sous, d’équipements de loteries et de kiosques de vente.

«On fabrique environ 25 000 unités par année, explique le PDG, Daniel Vienneau. Étant donné qu’on imprime des billets qui valent jusqu’à 10 000 $, c’est un marché de niche très réglementé. Il n’y a que trois entreprises dans le monde qui font ça et les barrières à l’entrée sont très élevées, parce que ça coûte très cher de faire tester et approuver un nouveau produit.»

Numéro un sur le marché australien, Nanoptix exporte aux États-Unis, en Asie, en Europe, en Amérique du Sud ainsi qu’aux Caraïbes. «Sur 150 clients, on en a seulement deux ou trois au Canada», précise M. Vienneau.

L’entrepreneur originaire de Petit-Rocher part régulièrement en voyage d’affaires pour décrocher de nouveaux contrats. «On tente actuellement de percer en Inde, on a de bons contacts sur place», dit-il.

Une plus grande souplesse

Avec 35 employés, l’entreprise est considérée comme un petit joueur dans cette industrie, comparativement à ses deux principaux concurrents qui font dix fois sa taille. Cette particularité fait aussi sa force, avance Daniel Vienneau.

«C’est certain qu’on n’a pas les moyens financiers de notre premier concurrent, une multinationale 250 000 millions $, mais on a une plus grande souplesse pour répondre rapidement aux exigences des clients.»

En activité depuis 1996, l’entreprise aura connu des hauts et des bas, mentionne l’homme d’affaires. «C’est sûr qu’on a dû surmonter des obstacles, que ce soit un gros client qui cesse d’acheter du jour au lendemain, des partenariats qui n’ont pas fonctionné ou des poursuites sans fondements intentées par nos concurrents.»

Avec un chiffre d’affaires en croissance de 20% cette année, le Petit Poucet de Dieppe a su forger sa crédibilité et a aujourd’hui le vent dans les voiles.

Mais l’impression de billets et de reçus des terminaux disparaîtra probablement au cours des prochaines années. Nanoptix devra donc continuer de se réinventer dans une industrie en perpétuelle évolution.

«On investit presque un million de dollars chaque année dans la recherche et le développement pour être à la hauteur de la compétition, souligne Daniel Vienneau. On n’a pas le choix!»