Un bon Samaritain ouvre la porte de sa maison à des itinérants

Serge Rémi Parent n’a pas hésité une seconde à héberger chez lui trois sans-abri. Ils ne se connaissaient pas il y a encore quelques jours, mais tous vivent désormais sous le même toit.

À l’approche du temps froid, le résident de Saint-Antoine a improvisé un abri dans son garage pour y accueillir trois personnes dans le besoin. Il y a installé des lits, un poêle, un réfrigérateur et une foule de dons récupérés auprès de ses amis.

Jordan, Ashley et Mark y dorment depuis dix jours. Nous les retrouvons réunis autour de la table, occupés à cuisiner une soupe et à couper de la courge spaghetti en provenance du jardin.

Auparavant, Ashley Perry fréquentait un campement de fortune établi près d’un chemin fer du centre-ville de Moncton avant que celui-ci ne soit démantelé par la GRC.

Cela faisait six mois qu’elle dormait dans une tente, plongée dans la précarité par son problème de dépendance.

«Tout l’argent qu’on avait allait dans la drogue, confie-t-elle. Mais depuis dixjours, je n’y ai pas touchée!»

En quelques jours, le camp a subi une inondation puis la démolition par les gendarmes. Ashley Perry a finalement trouvé refuge à Saint-Antoine en compagnie de Mark et de Jordan.

Elle se dit profondément reconnaissante de cette main tendue. «C’est chez nous désormais, c’est une chance de nous bâtir une nouvelle vie!»

«Bâtir une communauté»

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Serge Rémi Parent a demandé à tous ceux qui souhaitent le soutenir de lui envoyer des couvertures, des vêtements chauds et de la nourriture. Quelques heures plus tard, les dons affluaient.

Ergothérapeute de profession, Serge rêve de créer une ferme thérapeutique, où les personnes fragilisées pourraient venir se ressourcer et retrouver l’art de vivre en nature s’adonnant à l’élevage, au jardinage.

Il compte bientôt installer une grange avec l’assistance de ses nouveaux compagnons.

«On veut bâtir une communauté et vivre comme nos ancêtres», explique-t-il. «J’ai toujours voulu aider les gens. J’avais besoin d’aide pour créer cette ferme et eux avaient besoin d’un toit. On va pouvoir s’entraider.»

Par la suite, il aimerait construire des abris et des micro-maisons sur son terrain pour y accueillir ceux qui traversent des moments difficiles.

Steven Valdron a lui aussi connu la vie dans la rue. Aujourd’hui, il remue ciel et terre pour récolter des dons et s’assurer que personne ne dorme dehors. C’est lui qui a trouvé les nouveaux locataires de Serge dans leur campement et leur a proposé de déménager à Saint-Antoine.

«Ce sont des gestes qui changent une vie, souffle-t-il. Je vais souvent parler avec les itinérants. Tout ce qu’ils veulent, c’est une chance, apprendre à faire des choses, apprendre à vivre. Certains ont été abusés, ont grandit dans des familles où il y avait des problèmes de drogue et d’alcool. Ce qu’on doit faire c’est traiter les autres comme des êtres humains.»