Discours du Trône: Higgs promet de redonner de la vigueur au secteur privé

Le premier ministre Blaine Higgs promet de redonner de la vigueur au secteur privé dans son premier discours du trône à la tête d’un nouveau gouvernement minoritaire.

Les progressistes-conservateurs ont divisé leurs nombreuses initiatives en cinq grands thèmes: l’équilibre budgétaire, le secteur privé, la santé, l’éducation et la classe moyenne.

Les bleus ont l’intention de présenter un budget équilibré en 2020 et d’augmenter le budget de la vérificatrice générale.

Ils promettent aussi «l’élimination graduelle» de l’impôt sur les petites entreprises et de la double imposition foncière des biens secondaires.

Le gouvernement entend d’ailleurs assurer qu’une partie de ces économies soit refilée aux locataires.

Il réalisera aussi un examen des subventions aux entreprises qui pourraient être remplacées par «des crédits d’impôt liés à l’emploi» ou «des réductions fiscales générales».

La diminution du fardeau fiscal des entreprises ne se fera cependant pas aux dépens de l’équilibre budgétaire, a précisé le premier ministre.

«La première priorité, c’est un budget équilibré pour assurer qu’on n’abaisse pas notre cote de crédit», a indiqué Blaine Higgs, mardi.

«N’importe quel genre de réduction de taxes ou d’impôts se fera selon notre capacité à maintenir l’équilibre budgétaire.»

La promesse électorale du Parti progressiste-conservateur d’éliminer par attrition 600 emplois sur quatre ans dans la fonction publique n’a pas été mentionnée dans le discours du Trône.

Le gouvernement a cependant tenu à «rappeler que chacun des postes» dans la fonction publique «est payé en appliquant un impôt sur le travail réalisé par d’autres personnes.»

«Pour que de tels impôts soient accessibles dans l’intérêt de tous, il importe de respecter ceux qui lance des entreprises, prennent des risques, s’efforcent de payer le personnel, et souvent, ne peuvent pas prendre de congés de maladie, toucher une pension ou compter sur la sécurité qu’apporte un salaire fixe», soulignent les progressistes-conservateurs.

Ils ont également l’intention de déposer des mesures législatives pour réduire le coût des cotisations des employeurs au régime des accidents du travail de Travail sécuritaire NB.

Gouvernement minoritaire oblige, l’équipe de M. Higgs propose de collaborer «avec les hommes et les femmes de bonne foi et de toute affiliation politique».

«Le parti au pouvoir doit partager le pouvoir décisionnel et les autres partis doivent assumer avec lui la responsabilité de trouver des solutions.»

Santé

En santé, Fredericton entend collaborer avec les réseaux de la santé afin «que les fonds soient affectés d’abord aux mesures qui réduiront le plus rapidement les temps d’attente».

Les progressistes-conservateurs souhaitent s’attaquer à la pénurie de personnel infirmier en préparant un plan «visant à éliminer les obstacles à la formation et au recrutement» du personnel infirmier.

Ils ont aussi l’intention d’«examiner» au cours des six prochains mois le contrat signé avec Medavie au sujet de la gestion du Programme extra-mural.

Les bleus veulent également «trouver des solutions de rechange» au système des numéros de facturation des médecins.

Éducation

Dans le domaine de l’Éducation, le nouveau gouvernement veut modifier la Loi sur l’éducation pour permettre aux directeurs d’écoles, aux enseignants et aux parents de faire «les choix qui répondent aux besoins des enfants».

Fredericton promet aussi de faire un examen des programmes de scolarité gratuite ou à moindre coût du précédent gouvernement pour «comparer leur efficacité» avec les programmes de crédits d’impôt qui existaient auparavant.

En matière d’assistance aux plus démunis, les progressistes-conservateurs souhaitent effectuer une «réforme globale» du système d’aide sociale qui permettra notamment d’assurer une «reddition des comptes accrue» pour les bénéficiaires de longue date de l’aide sociale.

Environnement

Il n’est pas question directement de gaz de schiste ou de fracturation hydraulique dans le discours du Trône.

Le gouvernement s’engage toutefois à «veiller à l’exploitation responsable de nos ressources naturelles» et à «respecter les collectivités et les Premières nations qui choisissent de créer des emplois et de favoriser l’investissement dans le secteur des ressources naturelles».

Les progressistes-conservateurs ont l’intention de réviser la Loi sur la gouvernance locale pour donner plus de pouvoir aux communautés en ce qui concerne le développement économique et le tourisme.»

Il est aussi question d’environnement dans le discours du Trône même s’il ne s’agit pas de l’un des cinq principaux thèmes du gouvernement.

Les bleus réitèrent leur opposition à la taxe sur le carbone tout en soulignant qu’ils «acceptent le consensus scientifique» selon lequel les changements climatiques sont «bien réels et que l’activité humaine influe sur ceux-ci».

Ils proposent de créer un nouveau poste de haut fonctionnaire indépendant de l’Assemblée législative «responsable des enjeux scientifiques et des questions liées aux changements climatiques».

Un poste semblable, le commissaire à l’environnement, a été éliminé la semaine dernière par le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford en Ontario.

L’équipe de Blaine Higgs propose aussi de réaliser un «examen scientifique rigoureux» sur l’utilisation du glyphosate et de créer un comité multipartite afin d’élaborer une stratégie de respects des cibles d’émissions de gaz à effet de serre.

De nombreux oublis

Le chef de l’opposition officielle, l’ancien premier ministre libéral Brian Gallant, n’a pas manqué de souligner les grands absents du discours du Trône, mardi.

«L’absence complète de promesses d’investissements pour rendre la vie des familles plus abordable et l’économie plus équitable m’inquiète beaucoup», a-t-il dit.

Les garderies abordables, l’équité salariale, l’égalité des femmes et l’augmentation du salaire minimum ont toutes été ignorées dans le discours du Trône, a noté M. Gallant.

Le chef du Parti vert, David Coon, a été beaucoup moins critique envers le discours des progressistes-conservateurs.

M. Coon est notamment satisfait des propositions concernant les emplois verts, la santé mentale et la réduction de l’aide sociale aux grandes entreprises.

«J’aurais écrit un discours bien différent, mais ce n’est pas vraiment ça la question. Est-ce qu’il y a un terrain d’entente suffisant dans ce discours pour que l’on puisse travailler ensemble? La réponse est oui.»

Le chef de l’Alliance des gens, Kris Austin, s’est réjoui quant à lui de voir plusieurs des promesses électorales de son parti dans le discours du Trône des progressistes-conservateurs.

Le vote sur le discours du Trône devrait avoir lieu le 30 novembre. Les députés de l’Alliance ont déjà indiqué qu’ils voteraient avec le gouvernement sur les questions de confiance, ce qui devrait assurer l’adoption de l’ordre du jour des progressistes-conservateurs.