Église de Bas-Caraquet: la municipalité n’appuiera pas les demandes du Comité de sauvegarde

Après avoir examiné toutes les possibilités, le conseil municipal de Bas-Caraquet respectera l’avis de son conseiller juridique. La municipalité n’entend pas appuyer la demande du Comité de sauvegarde de l’église de Bas-Caraquet de reporter de quelques mois la démolition de la structure patrimoniale détruite dans un incendie cet été.

Selon Roger Chiasson, maire de Bas-Caraquet, le conseil municipal a remué terre et ciel avant de prendre cette décision.

«On n’est pas insensible à la destruction de notre église. On est une communauté d’un peu plus de 1000 habitants. Nous avons tous grandi ici et nous avons tous vécu des joies et des peines dans cette église. C’est un lieu rassemblement important.»

La municipalité s’est tournée vers l’avocat Basile Chiasson pour un avis juridique.

L’avocat leur a d’abord indiqué que l’arrêté portant sur la conservation et la préservation de l’église St-Paul de Bas-Caraquet comme patrimoine municipal, adopté en 2015, n’est plus valable puisque l’édifice à préserver est en ruines.

En s’opposant à la démolition, la municipalité s’exposait aussi à certains risques judiciaires. On a également évoqué la possibilité que quelqu’un se blesse en s’introduisant sans permission sur le site.

«On sait qu’en hiver qu’il peut y avoir des amoncellements de neige. Même si c’est indiqué de ne pas passer, quelqu’un pourrait être tenté de passer au-dessus de la clôture. Si on retarde le processus, on s’expose à des risques comme municipalité.»

Bien que plusieurs résidents de Bas-Caraquet souhaitent préserver les ruines de l’ancienne église, les assureurs du diocèse de Bathurst ne prônent pas cette approche.

«Dans le rapport, c’est bien indiqué que c’est trop dangereux. Il peut y avoir des écroulements dans certains secteurs de l’édifice, en plus de la protection des lieux avec le gel, le dégel et le vent. Ils ne veulent pas embarquer là-dedans», a expliqué Mgr Daniel Jodoin lors d’un entretien à la fin octobre.

La date de la démolition n’a pas encore été confirmée, mais elle doit avoir lieu avant Noël. Les coûts seront couverts par les assurances.

Des citoyens présents à une récente réunion du conseil municipal ont déploré le manque de transparence du diocèse de Bathurst.

«Tout a été secret. L’évêque est arrivé un jour pour nous dire: ‘‘Voici le plan!’’ (…) C’est dommage qu’il n’y ait pas eu de discussion ouverte où on aurait pu partager notre opinion. Il y aurait peut être eu des bonnes idées qui seraient sorties. Une partie de l’église aurait pu au moins être sauvée pour montrer aux prochaines générations ce que les anciens avaient fait», a lancé Théophane Noël, un citoyen.

Selon le diocèse, la nouvelle église de Bas-Caraquet pourrait compter jusqu’à 400 places, en plus d’être dotée d’une salle communautaire, d’une cuisine et de salles de réunion. Il conserverait son aspect chrétien avec trois cloches et une croix lumineuse.