Gestion collective des déchets solides: la région de Kent aussi a vu sa facture exploser

Il n’y a pas que dans la Péninsule acadienne où la gestion des déchets solides suscite le mécontentement. Les municipalités de la région de Kent ont également dû encaisser une augmentation-surprise du coût de la collecte des poubelles en 2019.

Les élus membres de la Commission des services régionaux de Kent ont néanmoins voté à l’unanimité en faveur du budget de 2019 estimé à près de 2,7 millions $, en hausse de 300 000$ par rapport à 2018. Ça s’explique par l’explosion de la facture – 80% – de la collecte dans deux des cinq zones du territoire de 32 000 citoyens comprenant sept municipalités et 20 DSL.

«C’est majeur et nous ne sommes pas contents, a commenté le directeur général de la CSR-Kent, Paul Lang. Les municipalités et les DSL s’étaient préparés à une augmentation des coûts, mais pas de cette ampleur. Mais nous n’avions pas mille et une solutions. Nous sommes solidaires, nous devons offrir ce service et nous avalons la pilule.»

Là aussi, le coût de la main-d’oeuvre et des véhicules, les frais en essence, mais surtout le manque de compétition dans le milieu de la collecte des déchets auraient permis implicitement aux contractants de gonfler les prix de leurs services. Ce qui signifie que les communautés de Kent devront absorber des frais supplémentaires qui correspondent en moyenne à 1,5 cents par 100$ d’évaluation de la taxe foncière.

«On est embarqué collectivement et nous allons partager les coûts collectivement», a indiqué M. Lang.

La gestion collective des déchets solides dans Kent est inspirée de ce qui se fait dans la Péninsule acadienne. À la différence que la CSR-Kent a décidé de fermer sa station de transferts de Bouctouche en 2015. Leurs poubelles – environ 13 000 tonnes par année – sont maintenant directement envoyées au site d’enfouissement de la région de Moncton.

«Pour nous, ç’a été une excellente décision, car nos communautés ont pu sauver 4,5 millions $», ajoute le directeur général, qui soutient la question des déchets accapare près de 70% du budget total de la CSR-Kent.

Mais ce n’est pas parce que le système fonctionne que la CSR-Kent n’entend pas ajuster ses flûtes. Un comité ad hoc a récemment été formé afin de revoir la gestion de la collecte sélective des déchets. Contrairement à la Péninsule acadienne, le facteur temps n’est pas un élément de stress, puisque les prochains contrats ne viendront à échéance qu’en 2021.

«En viendrons-nous à créer notre propre système de collecte? On ne peut pas dire oui ou non, mais ce n’est pas sur la table pour l’instant. Devrait-on faire des partenariats de contrats avec d’autres régions? Nous ne sommes pas rendus là», admet Paul Lang.

Le site d’enfouissement de Red Pine s’agrandit

La Commission des services régionaux de Chaleur entamera sous peu la construction d’un deuxième bloc de cellules pour les déchets au site d’enfouissement de Red Pine, près d’Allardville.

Les frais encourus pour cet ajout expliquent en grande partie la hausse de 4$ du prix à la tonne exigé aux utilisateurs que sont les CSR de la Péninsule acadienne, du Restigouche et du Grand Miramichi.

La directrice générale de la CSR-Chaleur, Jocelyne Hachey, a laissé savoir que le nouveau bloc de cellules prendra la relève du premier composé de 13 cellules, qui aura duré 32 ans et qui a reçu une moyenne de plus de 80 000 tonnes de déchets par année.

Le début des travaux préparatoires est prévu en 2019 afin que l’endroit puisse recueillir ses premiers chargements au printemps 2021.

La CSR-Chaleur, qui représente six municipalités et 15 DSL pour une population de près de 38 000 citoyens, est en charge du site de Red Pine. C’est à elle que revient le fardeau financier, ainsi que les responsabilités civiles et environnementales.

«Comme pour la construction du premier bloc, ça demande des travaux tels le conditionnement des sols, l’installation de tuyaux émissaires, la construction d’une route pour le compacteur, etc. Afin de financer ces travaux, nous devions apporter un ajustement au niveau des coûts de déversement pour nos clients, qui passeront de 58$ à 62$ la tonne en 2019», explique Mme Hachey.

Depuis 2013, l’augmentation moyenne des frais de déversement était de 2,30$ la tonne par année. La facture est passée de 44,75$ à 58$ durant cette période.

Malgré cet ajout de 4$ pour 2019, la DG de la CSR-Chaleur estime que ce prix est encore le plus bas des sites d’enfouissement dans la province, qui varie de 70$ à 186$ la tonne.

La gestion du site de Red Pine nécessite à elle seule près de 4 millions $ sur un budget de 7,6 millions $ de la CSR-Chaleur.