Discours du Trône: «Nous ne subissons pas la catastrophe»

Les francophones ont évité la «catastrophe» avec le discours du Trône du gouvernement de Blaine Higgs, selon le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Robert Melanson demeure toutefois sur ses gardes.

Les progressistes-conservateurs ont fait «abstraction» de la question linguistique dans leur discours, a constaté M. Melanson.

«On sait que c’est un dossier chaud. Je suis au moins content d’une chose, nous ne subissons pas la catastrophe.»

Même s’il compte sur l’appui des députés de l’Alliance des gens pour faire adopter son budget, le gouvernement progressiste-conservateur n’a pas mentionné certaines de leurs politiques les plus hostiles envers les francophones comme l’abolition du commissariat aux langues officielles ou la création d’un seul grand réseau de la santé bilingue.

L’absence de «détails concrets» pourrait cependant signifier que les francophones ne sont pas sortis du bois, selon le président de la SANB.

«Qu’est-ce qui va arriver dans le prochain budget? C’est là que nous allons voir… il y a possiblement des trucs dans ce discours qui pourraient cacher autre chose.»

L’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2020-2021 est un objectif «louable», constate la SANB, «tant et aussi longtemps que la province ne tombe pas dans une période d’austérité qui risquerait de miner le filet de sécurité sociale ou les droits linguistiques.»

Le mot «francophone» figure une seule fois dans le discours du trône alors que les mots «acadien» et «droits linguistiques» sont absents.

Le gouvernement a cependant indiqué qu’il avait l’intention de respecter les «droits constitutionnels» malgré les changements qu’il compte apporter dans le système ambulancier.

En ce qui concerne le bilinguisme, il en est question une seule fois dans le contexte de l’apprentissage d’une langue seconde; un outil qui devrait être «accessible à tous» au lieu d’être «réservé à l’élite».

Les entreprises ravies

Le milieu des affaires a été quant à lui comblé par le discours du Trône des progressistes-conservateurs.

«Nous voulions voir une feuille de route économique et nous l’avons vu», a résumé le directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick, Thomas Raffy.

«La priorité est mise sur le secteur privé. On mise sur la collaboration et la concertation», a-t-il noté.

La Fédération canadienne des entreprises indépendantes est particulièrement satisfaite de la promesse du gouvernement de légiférer pour faire baisser le coût des cotisations au régime de sécurité du travail.

«C’est très positif. Ça va avoir un effet sur la majorité des entreprises de la province», a confié le directeur des affaires provinciales de la Fédération, Louis-Philippe Gauthier.

Le président néo-brunswickois du Syndicat canadien de la fonction publique, Daniel Légère, a cependant trouvé beaucoup moins de raisons de se réjouir du discours des progressistes-conservateurs.

«Nous aurions aimé qu’ils reconnaissent nos membres qui sont en première ligne dans la fonction publique. Il n’y a pas eu de mention. Le discours ne va pas non plus dans la direction des réinvestissements dans le secteur public. Ils donnent l’impression d’aller dans une autre direction.»