Gaz de schiste: Higgs a très peu d’appuis chez les partis d’opposition

Le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs risque de ne pas avoir suffisamment d’appuis à l’Assemblée législative pour lever le moratoire sur la fracturation hydraulique, même partiellement.

Bien qu’il n’ait pas été clairement question de gaz de schiste dans son discours du trône, le premier ministre ne cache pas ses intentions.

«C’est une ressource qui pourrait très bien faire la différence dans notre province. Ça ne se fera pas du jour au lendemain, mais ça va montrer aux gens que nous pouvons exploiter nos ressources naturelles et démarrer des entreprises», a déclaré M. Higgs, mercredi.

Sans éliminer complètement le moratoire, le gouvernement pourrait lever l’interdiction dans la région de Sussex pour permettre la reprise des activités gazières qui avaient cours dans la région auparavant, a proposé le premier ministre.

«Je pense que ça serait un bon compromis pour une région qui veut aller de l’avant. On devrait laisser cette région faire ce qu’elle veut.»

Les progressistes-conservateurs devront toutefois lever le moratoire sur la fracturation hydraulique, au moins de façon régionale, avant que ces projets puissent aller de l’avant.

Blaine Higgs a confirmé mercredi son intention de soumettre cette question à un vote de l’Assemblée législative.

«Nous avons besoin d’une loi qui va nous permettre de faire le développement régional dans la région de Sussex. Il faut soumettre ça à l’Assemblée. Ça prend un vote.»

Afin de remporter ce vote, le gouvernement minoritaire devra pouvoir compter sur l’appui d’au moins trois députés de l’opposition, ce qui est loin d’être chose faite.

Les députés du Parti libéral et du Parti vert ont déjà signalé leur opposition à la fracturation hydraulique.

Au moins un député de l’Alliance des gens, Rick DeSaulniers, est catégoriquement opposé au gaz de schiste.

«Je ne vais pas voter pour le gaz de schiste, point. En ce qui concerne la levée du moratoire à Sussex, je ne vais pas voter pour ça non plus. Je ne crois pas dans le gaz de schiste», a indiqué le député.

Ses deux collègues, Michelle Conroy et Kris Austin, ont émis de sérieux doutes sur l’industrie, mercredi, tout en précisant que leur opinion sur le sujet n’était pas encore arrêtée.

«Ça m’inquiète. J’ai des inquiétudes pour les gens et pour l’environnement. Je ne voudrais pas que l’on fasse quoi que ce soit avant que nous soyons certains que personne ne sera en danger», a confié Mme Conroy.

Le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Robert Gauvin. – Archives

Même le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Robert Gauvin, n’a pas voulu dire s’il voterait pour la fin du moratoire sur le gaz de schiste si son gouvernement présentait un projet de loi.

«Nous verrons quand le temps arrivera», a-t-il dit après avoir indiqué que «nous, dans notre région, on en veut pas.»

Selon le libéral Benoît Bourque, le gouvernement pourrait annuler le moratoire sur la fracturation hydraulique par un simple décret du cabinet, sans passer par un vote de l’Assemblée.

Toutefois, «le gouvernement actuel n’a pas la légitimité d’agir de la sorte» en raison de son statut minoritaire, a affirmé M. Bourque.

Le député de Kent-Sud n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi le gouvernement libéral précédent dont il faisait partie s’est contenté d’un décret du cabinet au lieu d’inscrire son moratoire dans une loi.