La diversité, c’est «plus que du bonbon»

Un pot rempli de bonbons multicolores. C’est une image à la fois étonnante et intéressante de la diversité, un mot très à la mode de nos jours dans les écoles. Parce qu’il y en a de toutes les couleurs et pour tous les goûts. Mais la diversité, c’est «plus que du bonbon», pourrait-on également mentionner.

Gabriel Tremblay est le président du Comité Alliance et diversité à la polyvalente Louis-Mailloux de Caraquet. Corpulent, avec des lunettes, il ne passe pas inaperçu. Il est différent. Une différence qui lui a déjà amené des ennuis, admet-il. Une différence qu’il cherche aujourd’hui à «normaliser», simplement «parce que tout le monde est différent», croit-il.

Gabriel veut ouvrir des portes. Avec sa charpente, il n’aurait aucune difficulté à les défoncer. Mais ce n’est pas de cette manière qu’il veut agir. Il veut surtout aider des gens comme lui à accepter d’être comme ils sont. C’est pourquoi il s’est engagé à travailler dans ce comité scolaire.

«La diversité n’est plus seulement la diversité de sexe et de genre. C’est beaucoup plus large maintenant. Nous essayons de faire tomber les tabous, mais c’est aussi difficile à comprendre parce que nous avons souvent affaire à de nouvelles choses», explique-t-il, à quelques pas de la table de son comité pendant une activité de la Semaine de la diversité et du respect dans toutes les polyvalentes de la Péninsule acadienne.

Beaucoup d’élèves prennent le temps de s’arrêter et de discuter un peu avec les membres du comité. C’est un baume pour eux, car s’engager dans une telle cause peut parfois s’attirer des étiquettes. Ils ne sont «pas normaux».

«Rien n’est normal, réplique Gabriel, qui dit avoir affronté des menaces parce qu’il a voulu changer les choses. Nous sommes tous différents, nous sommes des personnes comme les autres. Nous ne sommes que des êtres humains. C’est de mieux en mieux accepté, mais ce n’est pas encore tout le monde…»

L’enseignante Tammy Godreau Byram aide le comité, avec ses collègues Carole Léger et Gaétane Roussel, en plus de l’intervenante scolaire Danielle Bouchard. Le travail ne manque pas, concède-t-elle.

«La diversité est un mot inclusif. Ça engobe n’importe qui, car chacun est unique. Mais il y a des jeunes qui ont peur du stigma. Notre comité est ouvert pour tout le monde, que ce soit une question de langue, de culture, de région, de croyance, de sexualité… C’est très large», mentionne-t-elle.

Elle ajoute que la normalité n’existe pas. Ou du moins, elle ne croit pas au terme.

«Tout le monde fait partie de la diversité. Ça veut également dire diversifier, être unique, être différent. Nous sommes chanceux car nous avons une école très ouverte à ce sujet», renchérit-elle.

Les tabous peuvent tomber

Patrice Ferron, agent de programme communautaire à la GRC dans la Péninsule acadienne, constate que les jeunes vivent beaucoup mieux cette diversité. Ils acceptent les différences car ils comprennent que personne n’est pareil, précise-t-il.

«Auparavant, les élèves ne savaient pas trop quoi faire avec ça. Fallait-il l’accepter ou la refuser? Certains l’ont évité par peur de se faire intimider ou d’être rejetés. Les écoles font tellement de gros efforts pour l’intégration de la diversité. Les cours de formation personnel et social sont très importants là-dessus, car ils apprennent aux jeunes à être de bons humains.»

Gabriel retourne à sa table. Elle est décorée de plusieurs petits drapeaux aux couleurs de la diversité sexuelle. Devant lui, des élèves essaient de deviner le nombre de bonbons multicolores dans le pot: 150? 200? Ou plus? Ça peut sembler banal, mais cette simple attention démontre que les tabous peuvent tomber. Si c’est un bonbon à la fois, ce sera un bonbon à la fois.