Kevin Arseneau dénonce le «gros bon sens» en citant un leader nazi

Le député Kevin Arseneau refuse de retirer sa référence à l’Allemagne nazie au sujet du «gros bon sens» de Kris Austin malgré la demande du chef de l’Alliance des gens.

Lors de sa réponse au discours du Trône du gouvernement progressiste-conservateur, vendredi, le député du Parti vert n’a pas mâché ses mots au sujet de l’Alliance des gens.

Afin de dénoncer la notion du «gros bon sens» souvent utilisée par Kris Austin pour supplanter les droits des francophones, M. Arseneau y est allé d’une citation attribuée au dirigeant de l’Allemagne nazie chargée de la propagande, Joseph Goebbels.

«Il ne serait pas impossible de prouver, avec une répétition suffisante et une compréhension psychologique des personnes concernées, qu’un carré est en fait un cercle.»

«Ce ne sont que des mots et les mots peuvent être modelés jusqu’à ce qu’ils recouvrent les idées et se déguisent», a dit Kevin Arseneau en citant le dirigeant nazi.

«Le chef de l’Alliance des gens dit un peu partout que les Néo-Brunswickois demandent du gros bon sens; des mots qui se retrouvent dans ce discours du Trône.»
«Qu’est-ce que ça veut dire exactement le gros bon sens? Les gens du Nouveau-Brunswick méritent une réponse directe et honnête», a ajouté le député de Kent-Nord.

Kevin Arseneau en avait particulièrement contre l’allocution de Kris Austin de la semaine dernière lors d’une annonce gouvernementale sur le système ambulancier.

«Le fait qu’on a donné la chance au chef d’un parti populiste de droite de dire que les qualifications devraient primer sur les droits linguistiques lors d’une annonce gouvernementale n’est rien de moins que dangereux et totalement inacceptable.»

Dans le discours du Trône, le gouvernement progressiste-conservateur affirme au sujet du système ambulancier que «les gens n’accepteront pas que l’idéologie ou la politique fasse obstacle à des solutions inspirées par le bon sens.»

Kris Austin n’a pas apprécié la mention de Joseph Goebbels dans l’allocution du député vert. Mardi, il a prié le président de l’Assemblée, Daniel Guitard, de demander au député de retirer ses propos.

«C’était choquant d’entendre les choses aller à ce niveau-là. Ce n’était pas au milieu d’un débat, c’était durant un discours préparé. C’est vraiment un point de vue radical», a confié M. Austin aux journalistes, mardi.

Les accusations de Kevin Arseneau à l’endroit de son parti sont «ridicules», selon lui.

«Oui, nous avons fait campagne sur le gros bon sens au gouvernement et nous n’avons pas changé d’avis. Ça, c’est le gros bon sens en matière d’impôts, de santé, de langues, d’éducation… Nous voulons que le gouvernement ait une approche plus équilibrée.»

«Si M. Arseneau ne sait pas ce qu’est le gros bon sens, c’est son problème. La majorité des Néo-Brunswickois veulent plus de gros bon sens au gouvernement», a indiqué Kris Austin.

Le président de l’Assemblée a jugé que les propos de Kevin Arseneau n’étaient pas non parlementaires, tout en lui donnant l’occasion de les retirer s’il le souhaitait, ce qu’a refusé le député vert.

M. Arseneau a affirmé qu’il ne regrettait pas son utilisation de la citation de Joseph Goebbels.

«On connaît les positions de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick. (M. Austin) cache ses attaques envers les minorités derrière le mot “common sense” et les gens sont en train d’acheter cette définition du terme», a-t-il déploré.

«Il y a plein de gens qui ont déjà cité ça, c’est juste qu’ils ne disent jamais d’où ça vient. Peut-être que je n’aurais pas dû dire de qui ça venait, mais en toute transparence et en toute honnêteté j’ai préféré faire la référence à qui de droit, sans vouloir faire honneur à personne.»