Gaz de schiste: l’appui de l’Alliance semble beaucoup plus certain que la semaine dernière

Le gouvernement progressiste-conservateur souhaite lever en partie le moratoire sur la fracturation hydraulique et les députés de l’Alliance des gens pourraient l’appuyer.

Le débat entourant le retour de l’industrie du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick se corse à l’Assemblée législative.

La semaine dernière, le Parti libéral a présenté un amendement au discours du Trône des progressistes-conservateurs en vue d’y ajouter le maintien explicite du moratoire sur la fracturation hydraulique.

Mardi, la ministre Sherry Wilson a déposé un sous-amendement à la proposition libérale pour ouvrir la porte à la levée du moratoire «dans les environs de la ville de Sussex.»

«Nous exhortons le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour respecter» les collectivités «qui ont manifesté leur volonté de consentir à l’exercice d’activités de mise en valeur du gaz de schiste», peut-on lire dans la proposition de Mme Wilson.

Afin de faire adopter son sous-amendement, le gouvernement minoritaire du premier ministre Blaine Higgs aura besoin de l’appui d’au moins un des trois partis d’opposition.

Cet appui ne semble plus aussi incertain que la semaine dernière, malgré les importantes réticences envers l’industrie émises récemment par les députés de l’Alliance des gens.

Mercredi, le chef du parti, Kris Austin, a indiqué aux médias que son caucus allait voter pour le sous-amendement des progressistes-conservateurs puisqu’il s’agit d’une question de confiance.

«Le gaz de schiste, c’est une motion de confiance. C’est seulement pour la région de Sussex. Nous allons voter pour parce que ça fait partie du discours du Trône.»

Les alliancistes ont promis de voter avec le Parti progressiste-conservateur sur les questions de confiance pour une durée de 18 mois afin d’assurer la stabilité du gouvernement minoritaire.

Le Parti libéral et le Parti vert ont signalé à plusieurs reprises leur opposition à l’idée de mettre fin au moratoire sur la fracturation hydraulique, même dans une seule région.

Selon l’expert en droit constitutionnel Patrick Taillon de l’Université Laval, un amendement ou un sous-amendement ne constitue pas automatiquement une question de confiance.

Si le gouvernement perdait l’un de ces deux votes, le premier ministre Higgs pourrait décider que cela signifie qu’il a perdu la confiance de l’Assemblée législative.

Les partis d’opposition pourraient aussi soulever cette possibilité après les votes, ce qui obligerait le gouvernement à se soumettre à un véritable vote de confiance.

«Si le gouvernement dit “pour nous c’est un vote de confiance”, le débat est clos, c’est un vote de confiance. S’il ne dit rien et que le vote est perdu, il faudra voir si les autres partis prétendent que c’est un vote de confiance», résume M. Taillon.

Blaine Higgs a indiqué mercredi qu’il considérait ces amendements au discours du Trône comme un vote de confiance.

Un premier ministre qui perd la confiance de l’Assemblée à la responsabilité de remettre sa démission à la lieutenante-gouverneure, ce qui pourrait provoquer des élections hâtives.

La semaine dernière, le député allianciste Rick DeSaulniers avait affirmé qu’il ne voterait pas pour le gaz de schiste, ni à Sussex, ni ailleurs.

«Je ne vais pas voter pour le gaz de schiste, point. En ce qui concerne la levée du moratoire à Sussex, je ne vais pas voter pour ça non plus. Je ne crois pas dans le gaz de schiste», avait indiqué le député de Fredericton-York.

Mercredi, M. DeSaulniers a confirmé qu’il voterait pour les modifications pro-schiste dans le discours du Trône afin d’éviter de nouvelles élections.