Higgs croit pouvoir convaincre Legault du bien fondé de relancer Énergie Est

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick estime pouvoir convaincre son homologue du Québec des bénéfices de la relance du projet d’oléoduc Énergie Est.

À l’instar de plusieurs autres premiers ministres et politiciens fédéraux, Blaine Higgs souhaite la réactivation du projet abandonné par TransCanada, d’une valeur de 16 milliards $, qui permettrait d’acheminer le pétrole de l’Alberta jusqu’aux raffineries de l’est du Canada et à un terminal d’exportation à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

L’oléoduc devrait donc traverser le Québec, mais jusqu’à présent, le premier ministre François Legault a fait savoir qu’il n’était pas intéressé par le projet.

M. Higgs a dit espérer convaincre M. Legault qu’Énergie Est profiterait à toutes les provinces, y compris au Québec, lorsque les deux hommes se rencontreront à la fin de la semaine dans le cadre d’une réunion des premiers ministres à Montréal.

M. Higgs a fait valoir mercredi qu’il avait bon espoir que M. Legault percevrait « lui aussi les bénéfices », soulignant que le Québec compte également des raffineries qui seraient intéressées par cet approvisionnement en pétrole de source canadienne.

Le porte-parole de M. Legault a indiqué cette semaine au quotidien « La Presse » que le Québec n’avait aucune intention de soutenir une quelconque relance d’Énergie Est.

« Notre gouvernement a l’ambition d’augmenter le niveau de richesse du Québec, mais il va falloir le faire dans une perspective qui respecte l’environnement, a indiqué lundi le porte-parole de François Legault, Ewan Sauves. Nous avons toujours eu des réticences face à ce projet mal ficelé sur le plan environnemental et économique. »

Les paiements de transfert

L’Alberta réduit présentement sa production et achète des wagons pour le transport de pétrole par rail dans le but de faire face à la chute des prix de son pétrole.

M. Higgs craint que le niveau des paiements de transfert aux provinces comme la sienne ne soit compromis si les recettes pétrolières en baisse de l’Alberta ne sont pas prises en compte. Il croit qu’un oléoduc pour acheminer le pétrole brut de l’ouest vers l’est du Canada et les marchés étrangers pourrait être la solution.

Il a ajouté que les paiements de transfert représentent actuellement environ 30 pour cent du budget du Nouveau-Brunswick.

TransCanada, le promoteur initial d’Énergie Est, a déjà indiqué ne pas avoir l’intention de relancer le projet.

Mais M. Higgs a tout de même bon espoir de voir TransCanada s’impliquer dans le projet.

« Ils n’ont jamais renoncé (au projet) à cause du marché. Ils ont abandonné à cause de l’incertitude politique et des obstacles politiques persistants », a-t-il soutenu.

M. Higgs suggère de créer une société de portefeuille pour lancer le processus de demande auprès de l’Office national de l’énergie afin de convaincre par la suite TransCanada ou une autre entreprise d’embarquer dans l’aventure.